Nouveau site

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En ce jour de Noël, nous vous offrons la possibilité de me rejoindre sur mon nouveau site de campagne, tout beau tout neuf et encore plus fonctionnel : http://maximeverner.fr

N’hésitez pas à me faire vos suggestions pour l’améliorer, je suis à votre disposition.

Bonnes fêtes,

Maxime Verner

Un Nouveau contrat social et économique pour 2012

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Je vous invite à la présentation de mon programme social et économique

le mercredi 11 janvier 2012, à 10 heures 30

à l’Hôtel de l’Industrie, 4 place Saint-Germain-des-Prés, 75006 Paris

Accueil dès 10 heures

Inscription obligatoire avant le 10 janvier auprès de Farah Farouk : ff@maximeverner.fr

Bonnes fêtes

Maxime Verner

Discours de Lille: Appel à la Renaissance

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À tous les français,

 C’est aujourd’hui devant la maison où Charles de Gaulle a vu le jour que je vous lance un appel à la liberté, l’égalité et la fraternité. De ce grand homme, j’ai appris qu’il ne fallait jamais composer avec l’honneur. Il avait ce je-ne-sais-quoi qui vous transcende, qui vous fait appréhender l’Histoire sans peur mais avec enthousiasme, avec énergie. Il rassemblait au lieu de juxtaposer, il dégageait cette chaleur rayonnante qui triompha de l’ennemi.

Comme lui, des Français dévorés de générosité, voulant se battre pour nos valeurs, ont permis à la France de rester le pays de la liberté. Depuis, celles et ceux que la France a secourus, accueillis pour qu’ils puissent se refaire une dignité humaine, savent ce qu’ils doivent à ces hommes et à ces femmes d’honneur.

 On entend ces jours des débats sur la nationalité, sur le droit de vote. La seule réponse qui vaille, c’est celle des morts pour la France. Ils n’avaient pas de couleur, de nationalité. Demandez à Manouchian ! La France repose sur la conviction qu’être français est un privilège qui se mérite. Mais c’est aussi et avant tout un choix. Etre français, c’est avoir été infusé de ces valeurs, la volonté d’aider les autres à mériter qu’on les aide. Je suis français car, grâce à ma collection de grand-mères, j’ai reçu cette instruction du cœur, qui bouscule tout.

 Les mauvaises consciences ont, depuis plus de quarante ans, créé une maladie socialement transmissible : la dépression. Alors que la plupart des citoyens révise leurs ambitions, compose avec la vie,  certains passent la leur en compagnie de leurs rêves d’enfants, de ces sensations indélébiles qui sont l’encre de l’esprit collectif.

 Ce qui nous manque, c’est cette intelligence de la vie et du coeur qui nous donne l’envie de nous évader, de gagner du temps à la découverte du monde, que ce soit son village, son quartier, son pays. Tout petit déjà, je buvais l’air du temps, je développais mon intuition pour être en résonance avec ma sensibilité, pour trouver ma patrie.

 De mon éducation, qui ne fut pas le fruit d’un acharnement pédagogique mais d’un apprentissage de la liberté, la même m’a donné cette confiance inébranlable, je garde le goût de la chance. Je suis un accident, car tant d’enfances sont aujourd’hui des amputations, qui vous empêchent de pousser librement, face à un regard loyal, avec un sourire à la vie. Prendre son mal en patience, ne pas envisager sans cesse l’échec, empoigner l’avenir, voilà ce qu’est la jeunesse.

 Bien sûr, je m’insurge et je défends. Ce que je veux, c’est délivrer, ouvrir la cage, faire tomber les murs de la prison où tant de mes concitoyens se sentent enfermés, avec sur les épaules le poids de nos traditions, de nos soumissions volontaires. De ma reconnaissance éblouie pour le Général de Gaulle, pour la France, je veux faire un message qui vous rendra, par la transformation dans l’action, le sentiment du devoir accompli.

 L’injustice me tue. Et celle envers ces jeunes que hante le désir d’une mission et auxquels on refuse les moyens de faire décoller leur rêve m’est insupportable. Réduisons la distance entre leurs désirs et leurs réalisations, réduisons le doute en eux pour qu’ils deviennent ce cocktail explosif de chance, de talent, de dynamisme et d’audace qui embrasera la France de demain.

 Nos jeunes ne rechigneront alors devant aucune tâche, aucune corvée, pourvu qu’elles soient justifiées. On déborde de jeunesse, de fureur de vivre, pourquoi ne pas nous aider à réduire le chemin de l’imaginaire à l’intelligence ? Je ne demande pas Byzance, je demande une nouvelle France. Je souhaite que l’on s’embarque ensemble dans une grande aventure collective où chacun prendrait un risque, où se noueraient d’étroites relations de dévouement, de solidarité, d’innovation.

 Pour cela, il faut commencer par s’attaquer à ce mur de scepticisme, cette digue de préjugés, cet Himalaya d’incompréhension. Retrouvons notre part d’enfance pour nous émerveiller. Nous ne serons payés de notre attente que si nous ne sommes pas impatients, nous devons nous tourner vers un dynamisme qui nous pousse sans cesse en avant. Si nous partageons la volonté d’aboutir, nous serons irrésistiblement poussés vers une nouvelle ère.

 Retrouvons notre sens de l’avenir. N’ayons pas peur d’anticiper des grands mouvements d’idées qui feront avancer la société. Nous ne sommes pas à bout de ressources et c’est justement dans cette période de désordre et d’angoisse collective que nous devons trouver ce trait de fulgurance.

 Accomplissons ensemble une révolution sociale décisive, élevons en niveau, en deux mots, renaissons ensemble, jeunes de tous les âges !

 Si nous le décidons, nous trouverons la moisson d’idées qui nous attend pour prendre vie. Il faut faire le maximum de lumière car nous avons tous besoin de savoir, de comprendre. J’en veux à ceux qui, comme Marine Le Pen, vous plongent dans une pénombre déformante, dans une nuit qui rend fou, dans une caverne d’où l’on ne ressort pas intact. Pour ma part, je m’adresserai toujours à vous avec humilité et avec le souci de vous rendre transparent le monde dans lequel on vit.

 Nous ne pouvons bien sûr pas ignorer les secousses de plus en plus violentes qui ébranlent le monde, mais l’extrême-droite n’est pas une réponse. Mes amis, le 6 février 1934, une extrême-droite ultra-nationaliste était déjà là. Nous nous souvenons du résultat. Le visage a changé, mais c’est le même. Ce qu’elle prône au fond, c’est le retour au Moyen-Âge, c’est un programme néolithique. Au contraire, nous devons chercher le Risorgimento à la française, la Renaissance. Je proposerai à cet effet mon programme économique, social et fiscal qui ne manquera pas de surprendre, le 12 janvier prochain, afin de vous amener à franchir le Rubicon avec moi.

 Le moment est venu. La France ne s’est d’ailleurs transformée que dans des périodes de secousses sociales, et si c’est le Front populaire qui s’installait en 36, je ne peux pas croire que ce soit le Front national qui prenne le pouvoir aujourd’hui. L’espoir luit au bout du chemin, c’est la marche de l’Histoire de France, et nous sommes de ceux qui savent. On ne peut pas ne pas comprendre ce qui est en train de se préparer. Nous avons capté tous les frémissements, compris que les années d’insouciance heureuse sont finies. Mais, allons-nous, avec une lucidité amère, regarder la France glisser vers l’abîme, vers l’immense chagrin ?  Réveillons-nous !

 Je suis convaincu que l’indispensable complémentarité entre ses générations est le point de départ d’une renaissance économique, sociale, morale pour notre pays. Aujourd’hui, il suffit de courage politique. C’est justement ce qui manque dans ces périodes, celles où le parterre applaudit Daladier en septembre 38, descendant de l’avion le ramenant de Munich, après avoir signé les accords symboles de la lâcheté d’une politique d’apaisement face à Hitler.

 Souvent, ils ont réussi à mettre hors d’état de raisonner une France chloroformée, minée par ce travail de sape, de pourrissement de la nation, plus qu’efficace. Vichy voulait instaurer un ordre moral, était-ce celui du renoncement, de la lâcheté ? Tandis que quand le Général faisait l’appel des braves, les Français se contentaient, dans leur immense majorité, de subir, nous pouvions croiser ce peuple de somnambules qui vivait, ou survivait, comme il pouvait. C’est à l’aune du malheur qu’on mesure la fidélité, soyons aujourd’hui fidèle, à l’héritage de ces héros de la France et de la liberté.

Je crois que les lieux, la terre, ont une mémoire. Et ici, je ressens ces ombres désespérées qui hantent la France. Ils ont verrouillé le destin en marche, et nous ne pouvons qu’être pétrifiés d’admiration face au don de soi, à la générosité envers l’avenir, de ces êtres. Grâce à eux, nous sommes libres. Mais libres de quoi?

 Nous sommes, pour une partie d’entre nous, revenus à la peur primitive, celle des animaux traqués. Nous devons retrouver la possibilité d’affronter une peur choisie par nous, une peur qu’on peut regarder en face, la peur du peuple courageux. C’est l’océan de courage, de ténacité, de talent des hommes qui décide du sort d’une nation. Peut-être aussi la valeur de l’idéal pour lequel ils acceptent de se battre, parfois au prix de leurs vies. Aujourd’hui, nous devons nous battre encore pour que la France reste une terre de liberté, d’égalité et de fraternité.

 Pour cela, nous devons viser la prospérité partagée. Nous la trouverons si nous sommes à nouveau un peuple de France tout entier mû par un sentiment inouï de délivrance, car il a trouvé une force innombrable, imprévisible et puissante. Nous devons ouvrir des yeux étonnés sur cette France qu’on contribuera à sortir de son asservissement et qui n’est ni tout à fait la même ni tout à fait une autre.

 Autrefois, la guerre, l’Occupation, la collaboration, se sont vautrées sur elle comme un grand fleuve, déracinant ce que l’on croyait immuable, laissant derrière elles un bric-à-brac inextricable d’épaves emmêlées, le meilleur et le pire, l’héroïsme et la honte, l’espoir et la résignation, les carcasses éventrées de l’honneur et la naissance d’un bonheur nouveau, et puis tout le reste, le sang, les larmes, les ruines, le courage modeste, la lâcheté triomphante, la trahison cachée.  Que nous reste-t-il de cette époque ? Rien. Tout. L’essentiel.

 La France vivait sous le signe de la pénurie, elle avait les joues creuses et le teint pâle. Si l’on a été capable de partir d’aussi loin, on aura la force de refaire le même chemin, j’en suis sûr. Nous devons pousser l’audace jusqu’à la croissance, nous tourner vers des forces encore invisibles.

 Celles et ceux qui sont les plus capricieux et insaisissables, nous devons eux aussi les intéresser aux grandes causes et aux grandes idées. Chaque citoyen doit être impliqué dans cette oeuvre de renaissance, sinon nous connaitrons encore des réveils amers. Nous ne pourrons bientôt plus nous contenter d’être une citadelle assiégée, de recevoir des boulets ramés, sans jamais faire autre chose que de regarder le ciel. Regardons ces oiseaux migrateurs au lieu de les fusiller, et voyons pourquoi certains veulent nous rejoindre. La France a froid, la France a faim, mais elle fait rêver.

 Je connais les forces profondes de notre pays, car il a fait rêver mes ancêtres. Je comprends qu’en dépit de tout la France est sur le chemin du redressement. C’est élastique la France ! Tout au long de son histoire, cette nation en a vu de toutes les couleurs, mais chaque fois elle a su retrouver les ressources nécessaires pour se remettre debout, repartir. Débordons de vie, elle nous le rendra bien. Soyons optimistes, répondons à nos besoins profonds. La réalité doit reprendre le pas sur l’image, nous devons nous réconcilier avec l’instinct qui donne des idées, avec le talent que l’on enrichit de convictions, avec notre capacité d’innover, d’être curieux. Nous devons retrouver le sens de la jeunesse, cette poignée d’avenir que l’on jette devant soi.

 Je suis utopique me direz-vous. Et alors ! La même illusion renaît sans cesse, en dépit de tout, brutalement interrompue par les guerres. Elle veut guérir, transcender. Mais j’y crois encore ! Je crois en cette démocratie du sens qui procure des plaisirs souterrains à tous ses membres. J’ai la foi du néophyte, du jeune de la rue, j’en conviens, mais tous nos responsables politiques ont-ils encore le goût de l’essentiel ? Celui du bonheur des gens, d’enrayer le fléau de tous les jours que l’on se transmet, la dépression, et de rétablir l’envie d’être ensemble, l’élément fondateur d’une nation.

 A la différence de tant d’autres, je vous crois capables de supporter le choc de la vérité et de la comprendre. Vous observez un renversement de l’Histoire dans le monde. La prise de pouvoir des peuples, des nations, et de leurs Etats contre un ordre qui leur échappe, qui n’émane pas d’eux, qui ne vise pas l’intérêt général mais des intérêts particuliers, est en route.

Osons la vérité et ne lâchons pas nos idées. Je sais trop bien que, dans le désarroi, on se tourne d’instinct vers une Marine Le Pen. Mais, elle n’est pas le détonateur, elle n’allume pas la mèche de la Renaissance. Ensemble, nous allons chercher dans la profondeur de notre inconscient collectif une nouvelle fierté d’être français, en comprenant que notre amour de la France est ambivalent.

 Il est présent et non-absent, déclaré et non-dit. Il caresse et il coupe, comme une lame de rasoir. Il ne demande qu’à être reconstruit dans une symbiose nouvelle, sur un fond de modernité, de jeunesse et de croissance. La France gardera son ardeur et sa modestie, son respect et son éthique, elle s’appropriera les problèmes du Monde, les fera siens pour les transformer, par la rencontre inespérée de l’audace, de la créativité et de l’expertise.

 C’est car toute grande destinée est le fruit d’un déséquilibre moteur, qui lui sert de principe actif, que le Français est ambitieux et sûr de lui, qu’il a un immense besoin de reconnaissance qu’il porte en lui et qui le porte. Comme dirait Marcel Bleustein-Blanchet, entrepreneur et résistant, nous avons la rage de convaincre.

 De notre bon sens, de nos raisonnements originaux, de notre conscience sincère de citoyen, de l’amour que nous portons en commun à celle qui nous lie tous, qui est notre chance commune, la France, nous montrerons au monde entier que rien n’est impossible à qui veut. Et je veux convaincre tous ceux qui trébuchent sur l’avenir qu’on peut, qu’on doit rester jeune dans l’esprit.

 Nous devons nous évader de l’intérieur, retrouver notre vocation, notre aventure, notre talent trop souvent bridé, pour créer ensemble un nouveau discours sur la France. Nous forcerons les portes du temple, et ce n’est pas avec Marine Le Pen, à la pensée déplorable, opaque et vétuste, que nous trouverons les axes de réflexion gagnants.

 Je conserve en mémoire l’effroi qui nous a tous saisis, la peur qui nous a étreints, le 21 avril. Je sais que les sociétés sont souvent basées sur du vide, que les mots sont des armes mais qu’ils appellent l’action. Rétablissons la confiance en nous et entre nous, mettons sur pied ces fondations et prouvons par notre force d’âme que nous sortirons de cette tourmente. Cette crise n’est qu’un coup de semonce, qui nous permettra de retrouver le sentiment d’accomplissement nécessaire à tout grand dessein pour une nation. Les épreuves nous sont envoyées pour qu’on les surmonte, retroussons nos manches !

 Plantons ensemble dans le terreau de notre pays des idées neuves et fortes, dans la joie, la force et l’insolence de la création, de l’engagement. Retrouvons la sagesse paysanne de la France, cherchons les atomes crochus, formons des communautés d’idées, au lieu de mettre en exergue les différences et de stigmatiser les uns et les autres. Ne demandons pas à nos responsables politiques d’être des spadassins du verbe mais bien des créateurs de concepts, des pédagogues et des modèles, des résistants.

 Je sais la France capable de se relever, je veux aujourd’hui m’assurer qu’elle en est digne. Elle doit nous le prouver, à nous, jeunes de France. J’en appelle alors à la Renaissance, à un Risorgimento français, qui sera le chemin vers notre volonté et de notre passion.

 Pour que vive la République, et vive la France !

Déplacement à Lille

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Je serai cette semaine à Lille pour rencontrer les jeunes, les citoyens et les élus. J’y prononcerai un appel pour la liberté, l’égalité et la fraternité, ce mardi 6 décembre dès 15 heures 30, devant la maison natale de Charles de Gaulle, au 9 rue Princesse, à Lille.

Après avoir lancé mon tour de France des dix départements où le FN est le plus présent à Hénin-Beaumont, le 24 octobre dernier, je le clotûre à Lille ce mardi. Je serai l’invité des écoles de commerce de la ville pour rencontrer les jeunes lillois : le Mardi 6 Décembre à l’EDHEC de 12h30 à 14h30 (372 rue Verte, à Croix) et à l’IESEG de 19h à 21h (3 rue de la Digue), puis le Mercredi 7 Décembre, de 18h à 20h à la SKEMA (avenue Willy Brandt).

Je rencontrerai par ailleurs des associations, des élus et des décideurs pour convaincre les énergies lilloises de poursuivre mon projet de Renaissance pour la France, que je présenterai dans mon programme économique, social et fiscal, le 12 Janvier prochain.

Vous êtes les bienvenus pour cette nouvelle étape de mon tour de France !

Maxime Verner

Un Serment du jeu de paume des jeunes

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“La jeunesse n’est pas une catégorie, ce n’est pas une maladie ni un sacerdoce, c’est un état d’esprit, un paysage, une promesse. La jeunesse est cette source de vie, ces cellules qui régènèrent notre terreau républicain. Je crois fermement aux côtés de Georges Bernanos que « c’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le reste du monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents ».

Des saisons durant, j’ai sillonné la France, celle de Robespierre, celle de Frédéric Dard et de Joey Starr. J’ai marché des confins de la Lorraine aux abords des Bouches du Rhône. Je n’ai cessé de rechercher l’humain, de rencontrer les jeunes de banlieue, de la campagne ou des quartiers chics, et je me suis forgé une conviction. Une conviction qui usurpe au pessimisme les oripeaux de la raison, une conviction qui distingue imperceptiblement dans le brouillard gluant de l’individualisme la confiance assurée des lendemains meilleurs. Je crois en effet que nous avons fait déboucher notre jeunesse sur une impasse. Nous nous entêtons dans une voie sans issue. Les boulangers du Limousin ne m’ont pas suscurré de mots différents des élèves de la rue Saint-Guillaume. La jeunesse ne saurait se confondre avec une classe sociale, une conviction religieuse ou philosophique. Elle s’exprime d’un seul et même élan pour qu’une oreille se tende dans sa direction.

Je formule aujourd’hui un souhait ardent, un souhait que je n’aurais de cesse de répéter : qu’on s’occupe enfin des jeunes, de tous les jeunes! L’esprit républicain de régénération, celui qui fait corps avec le concept même de jeunesse, doit trouver son expression sur notre agora. Une démocratie ne peut prétendre à cette qualité si elle tourne le dos à l’essence même de sa vitalité : les jeunes. Je ne suis pas le hérault d’une catégorie d’age. Je suis le vecteur d’une solidarité républicaine renforcée autour d’un partage intergénérationnel. Je suis assuré que la fougue de notre jeunesse trouve en la maturité de nos aînés les chemins vertueux du vivre ensemble.

Aussi, je déclare aujourd’hui solennellement ma candidature à la Présidence de la République, un choix que d’aucun trouveront critiquable pour son ambition. Je tiens à dire à ces derniers que ce n’est pas le choix d’un homme que je souhaite porter en ce jour, mais c’est le choix d’une génération, d’un nouveau contrat social entre les jeunes et la société, un contrat que malheureusement nous avons trop oublié ces derniers temps. J’invite tous les jeunes à me rejoindre dans ma démarche en faveur d’un Serment du jeu de paume des jeunes français. Organisations politiques de jeunesse, partis politiques, associations, syndicats, de gauche, de droite, du centre, simples citoyens à me rejoindre autour de ces valeurs républicaines. A l’instar de ces représentants de la Nation qui le 20 juin 1789 scellèrent l’avenir de notre République, à Versailles, j’appelle ceux qui souhaitent redonner à notre pays le goût de sa jeunesse à se joindre à moi et à ne pas se séparer tant que le pacte social républicain ne réintégrera pas l’esprit de la jeunesse dans son corps.

C’est avec la créativité, l’enthousiasme et l’énergie d’un jeune de 21 ans que je m’adresse à vous aujourd’hui. Mon souhait n’est pas vain, il résulte d’un choix mûrement réflechi et d’une ambition assumée au service de la jeunesse. Il s’adresse à toutes celles et ceux qui croit encore en la force motrice de notre esprit. Je souhaite redonner ces lettres de noblesse à la jeunesse de notre pays. C’est pour ce succès que j’entends me présenter devant le suffrage du peuple. Je formulerai 89 propositions concrètes en ce sens, le 20 juin prochain, date anniversaire de ce fabuleux serment que nos Pères fondateurs prirent au nom des générations futures.”

Pour envoyer vos témoignages et vos propositions pour la jeunesse

Pour adhérer à l’association des Jeunes de France

S’engager contre le désenchantement social et politique

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Au vu des évènements survenus ces derniers jours en Tunisie puis en Algérie, et de la répression d’une jeunesse désanchantée et délaissée qu’ils ont entrainé, je me rappelle (s’il en est encore besoin) la chance qui est la mienne de pouvoir m’engager dans mon pays, la France, un pays où la liberté d’expression est une valeur fondamentale. Fort de ce constat, je ne suis que davantage encouragé à mettre mon énergie au service de ce pays, et des jeunes qui souhaitent s’y épanouir malgré les freins que nous connaissons…

Les syndicats et le patronat se sont d’ailleurs réunis hier, pour déterminer leurs questions prioritaires en cette nouvelle année 2011. L’emploi des jeunes en fait partie, nous ne demandons qu’à voir… En effet, notre génération, touchée à 25 % par le chômage, et même à plus de 40 % dans les quartiers les plus modestes, fait face à de multiples barrages à l’entrée dans une citoyenneté active tant sur le plan économique, social que politique.

Dans le même temps, les membres du collectif Jeudi noir sont contraints d’occuper un immeuble de l’avenue Matignon pour espérer obtenir des réponses urgentes à la crise du logement, notamment chez les jeunes et mobiliser les pouvoirs publics. Je leur apporte tout mon soutien sur cette question cruciale et leur rendrai donc visite dans la semaine afin d’échanger avec eux sur ce combat.

L’accès à l’indépendance, qui passe notamment par l’acquisition d’un logement, est en effet devenu un chemin de croix pour cette génération, reléguée au rang de variable d’ajustement,  idéale puisque le plus souvent inaudible. La mobilisation massive des jeunes durant le récent mouvement social contre la réforme des retraites n’est que la surface visible d’une désespérance de nos jeunes qui cherchent des idées et un chemin vers l’emploi durable et l’autonomie.

Pourtant des solutions existent et ce sont les jeunes, portés par une solidarité sociale dans une dynamique nouvelle, qui doivent s’inclure et non plus s’exclure de notre société.

Réponse à M.Estrosi – Responsabilisation contre marginalisation

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Le 11 janvier 2011, alors que les députés adoptaient solennellement le projet de loi organique relatif à l’élection des députés, reprenant l’éligibilité à 18 ans aux élections nationales, le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, annonçait le dépôt d’une proposition de loi visant à abaisser la majorité pénale à 16 ans, prévoyant que ces mineurs soient jugés par des tribunaux de droit commun (voir son exposé des motifs).

Comme vous le savez déjà, la thématique de l’abaissement de la majorité est un sujet qui m’est cher mais force est de constater, hélas, que Monsieur Estrosi ne semble pas l’envisager pour les mêmes finalités que moi. Là où l’association des Jeunes de France propose à la jeunesse de s’investir dans le débat public et de participer ainsi à la construction de notre vivre-ensemble, la proposition de l’ancien Ministre de l’industrie n’envisage les jeunes que comme une potentielle menace. Comment, dans le pays de Gavroche et de Guy Mocquet, la jeunesse peut elle être perçue uniquement comme source de désagréments et de péril ? Notre pacte républicain aussi précieux que fragile est fatigué des incessants coups de boutoir qui lui sont régulièrement assénés. L’ordonnance de 1945, texte généreux issu du Conseil National de la Résistance, doit rester un des piliers forts de notre modèle.

A l’heure où de nombreux responsables politiques se désolent à longueur de journée face au « désengagement » des jeunes et à leur supposé désintérêt pour la chose publique, la réponse apportée doit justement replacer la jeunesse au cœur du débat politique. Car un pays qui a peur de sa jeunesse ne peut sereinement préparer l’avenir. C’est en montrant aux jeunes que la société compte sur eux et qu’elle est prête à leur faire confiance pour participer à la construction de son avenir, qu’ils seront réellement responsabilisés.

Envoyons dés aujourd’hui un autre message à la jeunesse et tâchons, comme le rappelle Stéphane Hessel, de lui offrir comme horizon une alternative à « la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. »

Maxime Verner

Retrouver les solidarités dans notre vie quotidienne

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Le film de Philippe Guillard, « Le fils à Jo », sorti en ce mois de janvier, permet de déceler derrière une expérience quotidienne et frustre la vision d’une société plus humaine, attentive à retisser les liens sociaux qui nous font tant défaut. Une vraie bouffée d’oxygène.

De l’audace aux côtés de nos parents

Le fils à Jo raconte une transition générationnelle, celle du compromis de l’héritage et de la filiation, celle de la solidarité d’un corps social. C’est finalement l’histoire somme toute assez simple de ce « fils à Jo », fils de Jo Canavaro, excellent joueur de rugby, lui même issu d’une longue tradition de dieux du stade. Derrière l’autonomie qu’il parvient à conquérir sur ce père ovaliste, Tom Canavaro parvient à concilier ses aspirations aux goûts de son père.

Certains trouveront dans ce film et dans mon propos des bons sentiments à la pelle. Je ne le crois pas. Les solutions publiques sont à rechercher au plus près des hommes et des femmes. On ne peut se permettre de critiquer à la fois la distance des pouvoirs et la niaiserie des solutions les plus pratiques et inscrites dans notre quotidien. Quotidien et réaliste, ce film l’est aussi par sa description d’une France rurale dont on oublie trop souvent les souffrances et qui recèle pourtant de solutions sociales pratiques. Dans ce petit village du Tarn, les gens se connaissent et se rencontrent par delà leurs différences. Les quartiers les plus prisés des métropoles ne sont-ils pas ceux qui offrent la proximité d’un village ?

Génération pragmatique recherche utopie

Notre siècle a appris à ête modeste. Contrairement à d’autres époques, l’ambition de notre temps n’est pas celle de révolutionner le monde. Comme Jo Canavaro, notre méritocratie se situe ailleurs, dans le réel, car notre jeune génération souffre de maux sociaux. Notre jeune génération connait le chômage et la difficulté à trouver un emploi. Notre jeune génération est confronté à cette difficulté à devenir autonome et à s’engager politiquement. Nous la laissons dans des situations sociales et professionnelles toujours plus humiliantes et ingrates. Elle a pourtant des goûts raisonnables : ceux de trouver un emploi, d’être des citoyens engagés, de trouver sa place dans la société en étant utile à ceux qui l’entourent. Une génération pragmatique en somme, mais pragmatique ne veut pas dire prosaïque. Cette génération est née avec la fin des grandes idéologies. Après avoir subi pendant des années le détricotage du vivre ensemble, nous avons aujourd’hui le devoir de porter la modernité de l’intangible solidarité républicaine. `

La jeunesse, derrière la catégorie d’âge, le moteur du vivre ensemble

La modernité, elle s’incarne dans la jeunesse. La jeunesse n’est pas une tranche d’âge froide et limitée. C’est un état d’esprit, un rapport au monde qui vit de solidarité et d’équité mais également d’énergie, de travail et d’engagement. C’est une conception de la jeunesse qui n’est pas partagée par les pouvoirs de ce pays puisqu’aujourd’hui, on préfère laisser les jeunes en dehors de la société avec le bizutage social dans le monde de l’emploi, plutôt que de leur offrir la possibilité de soutenir notre édifice social. Cela revient en somme à extraire le moteur d’une voiture de son capot, tout en appuyant nerveusement sur l’accélérateur pour que la carcasse avance. La société dans son ensemble a besoin de la jeunesse comme d’une source de dynamisme et d’énergie. En écoutant sa jeunesse, la France verra enfin clairement ce qu’elle peut être demain.

Comment avons nous pu dériver si fortement ? Nous voyons d’un côté des personnes âgées souffrant de solitude dans leurs appartements délaissés et à l’autre bout de la chaîne des âges nous découvrons des étudiants mis dans l’impossibilité de trouver un logement décent. Les problèmes des uns trouvent leurs réponses dans les forces des autres, et les opportunités des uns ne menacent nullement les autres. Ce sont les solidarités que nous devons retrouver dans notre vie quotidienne, et c’est pour cela que les pouvoirs publics doivent permettre la rencontre de ces deux populations dans une volonté de mixité générationnelle, partout sur le territoire. Le temps presse.

Maxime Verner

Par-delà la parole

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Il y a un mois tout juste, je lançais mon appel à un Serment des Jeunes de paume, et j’annonçais ma candidature à l’élection présidentielle en tant que porte voix des jeunes dans le débat national. Depuis, j’ai rencontré des responsables d’associations, des jeunes engagés ou encore des responsables politiques qui, tous, se sont montrés réceptifs et confiants dans les qualités de notre jeunesse.

Comme vous, depuis une semaine, j’entends dans les médias des candidats à l’élection présidentielle, comme François Hollande, Jean-Luc Mélenchon ou Ségolène Royal et d’anciens ministres, comme Rama Yade ou Jean-Pierre Chevènement, prendre position pour la jeunesse.

François Hollande déclarait ainsi sur France Inter: «C’est vers la jeunesse qu’il faut concentrer toutes les propositions sur l’éducation, l’emploi, le logement. C’est par rapport à cet enjeu-là, la génération qui vient, qu’il faut être au rendez-vous en 2012 », emboîtant le pas à Ségolène Royal, qui déclarait il y a une semaine dans Dimanche+ qu’il fallait «faire en sorte que la nation noue un pacte avec les jeunes pour que tous les jeunes aient une bonne raison de se lever le matin, c’est-à-dire soit trouver un emploi, une formation ou un service civique ».

«On a pas préparé l’avenir de notre jeunesse (…). Elle doit prendre ses affaires en main » disait pour sa part Jean-Pierre Chevènement, chez Laurent Ruquier, sur France 2. Rama Yade, de son côté, a déclaré dans Le Figaro vouloir faire un «tour de France des jeunes» afin de recueillir leurs doléances, et convoquer des “Etats généraux de la jeunesse”. L’emploi des jeunes a également été désigné, en ce début d’année, comme l’une des priorités par les partenaires sociaux pour leurs négociations de 2011.

C’est pour sa part sur «la beauté du Serment du Jeu de paume» que Jean-Luc Mélenchon, candidat aux présidentielles fraîchement déclaré, s’est exprimé en louant son «incarnation de la souveraineté populaire».

Reste à passer de la parole aux actes, à transformer l’essai, à redonner de la valeur à la parole politique, si décriée par les jeunes. C’est le point de départ de ce nouveau contrat social entre les jeunes et la République qui m’est si cher. Je vous invite donc toutes et tous à nous apporter votre témoignage et vos propositions pour ce pacte républicain, pour une majorité politique, sociale et économique pleine et entière à 18 ans, sur www.jeunesdepaume.fr.

Un printemps des peuples en plein hiver

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En 1848, les peuples européens se soulevaient contre des Etats oppressifs. Ce printemps des peuples a été l’occasion de formidables révolutions citoyennes, comme se plaît à les appeler aujourd’hui Jean-Luc Mélenchon. Dans la foulée de ces révolutions, qui en France aboutit au renversement de la Monarchie de juillet, Alphonse de Lamartine observait ému les premières élections au suffrage universel : “On voyait les citoyens riches et pauvres, soldats ou ouvriers, propriétaires ou prolétaires, sortir un à un du seuil de leurs maisons, le recueillement et la sérénité sur leurs visages, porter leurs suffrages écrits au scrutin… les déposer dans l’urne et revenir avec la satisfaction peinte sur les traits”.

Je crois qu’aujourd’hui, nous vivons à notre tour un moment historique, ou pour le moins un formidable élan démocratique. Après le peuple tunisien qui, appuyé sur sa jeunesse, a renversé le tyran et cherche aujourd’hui la voie de la transition démocratique, nous observons aussi l’engagement citoyen de nos amis algériens et de nos voisins belges, à l’initiative de leur jeunesse. Dimanche 23 janvier, entre 30 000 et 38 000 citoyens belges ont défilé dans les rues de Bruxelles pour manifester leur volonté de réhabiliter leur image de leur pays, de s’unir pour la force et pour faire rempart à cette honte de ne pas avoir de gouvernement après plus de 220 jours de négociation politique. Cette manifestation “Shame : No gouvernement – great country” est partie de l’initiative de quelques jeunes citoyens belges : Thomas Royberghs, Felix De Clerck, Alex Hermans, Thomas Decreus et Simon Vandereecken. Ils ont réussi à mobiliser leurs concitoyens via les médias en ligne, toutes catégories d’âge, sociales et communautés confondues. Cet élan collectif a été porté par le moteur de la jeunesse. En effet, un premier sondage du bureau Dedicated montre que 25% des manifestants avaient entre 25 et 34 ans et 18% d’entre eux avaient entre 18 et 24 ans.

C’est une conception de l’engagement citoyen que je crois extrêmement juste et légitime : un rassemblement républicain du peuple dans son intégralité, porté par un moteur énergique: sa jeunesse. Je suis heureux de voir cet enthousiasme citoyen au moment où je lance mon appel du Serment des jeunes de paume. Ce pourquoi je souhaite que les 89 propositions que je formulerai en mai, et que je porterai dans le débat présidentiel français de 2012, s’inspirent de ce printemps des peuples en plein hiver !

Maxime Verner

La jeunesse française doit sortir de sa torpeur

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Il y a 67 années de cela, par un petit matin forcément blême et froid, un homme au nom étranger, né dans les confins de l’Empire ottoman, offrait sa vie pour la liberté ; « mort pour la France » inscrit un patriote français sur l’honteuse affiche rouge.

Ce jour du 21 février 1944, Missak Manouchian, le métèque, le brigand de l’armée du crime se présentait, avec son groupe, dépouillé de tout ego face aux canons des forces barbares. Il jeta sur le papier quelques mots pour sa femme, sa Mélinée, « sa petite orpheline bien-aimée ». Il lui dit :

« Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un accident dans ma vie, je n’y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais. […] Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. »

En tombant sous les balles s’achevait avec infini grandeur un parcours de don de soi entamé quelques années plus tôt.

Soldats lumineux de l’armée des ombres

Cette courte vie, aux marges de la société, loin de la bien-pensance et de l’idéologie dominante, est avant tout celle d’un homme droit. Face à l’horreur nazie et à la résignation générale, Missak refusa de courber l’échine et de rentrer dans le rang. Comme de nombreux autres anonymes, soldats lumineux de l’armée des ombres, il quitta son peu de confort et de tranquillité, choisit de se faire violence et de combattre pour la dignité de l’homme et ainsi pour sa propre liberté.

Au-delà de la pensée émue et admirative que nous pouvons avoir pour eux et de l’hommage que nous nous devons de leur rendre, il est fondamental de percevoir dans ces trajectoires de vie une universalité rédemptrice.

La vie de Manouchian, le choix qu’il a fait de combattre jusqu’à la mort pour un idéal sont autant de signes d’espoir face à un possible découragement. L’histoire, quelle qu’elle soit, n’est jamais écrite et la fougue des idéaux, la force des croyances ne peuvent que triompher face à un adversaire désincarné.

On cherche à imposer un modèle aux jeunes générations

En ces temps bien différents, où l’ennemi ne porte pas un uniforme frappé d’un svastika mais est plutôt le produit d’une uniformisation marchande qui broie chaque jour un peu plus l’homme, le destin rebelle de Manouchian, poète et résistant, doit réchauffer notre capacité à vouloir nous faire violence. Cette force de la jeunesse qui s’exprime actuellement dans tout le monde arabe doit embraser également notre débat public.

La fronde participative des jeunes générations doit plus que jamais faire entendre sa voix face à un modèle qu’on cherche à lui imposer. La jeunesse française doit sortir de sa torpeur et saisir démocratiquement sa capacité à faire bouger les lignes.

Comme nous le dit si bien Stéphane Hessel, indignons-nous et montrons-nous dignes de cette possibilité de débattre que nous ont offert les combattants de la liberté…

Maxime Verner

Edit : cet article a été publié sur Rue89 le 19 février 2011

Réponse à Luc Ferry : Pour une jeunesse pleinement intégrée

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En lisant sa chronique du 24 février dans le Figaro, je souscris sans peine à l’une des visions de Luc Ferry qui veut que notre jeunesse ne soit pas accablé par le poids de l’Histoire. Mais les drames historiques de la guerre d’Algérie ou de la Seconde Guerre Mondiale évincent-ils derechef le poids du bizutage social et de l’exclusion? Je ne le crois pas. Un taux de chômage alarmant pour les jeunes générations, le cantonnement dans un sous-marché de l’emploi, la difficulté à trouver un logement, autant de cicatrices sur le dos de notre jeunesse.

Ces meurtrissures ne trouvent pas de causes endogènes, dans l’état d’esprit des jeunes Français. Bien au contraire, ils sont le lot d’un projet de société, d’une orientation économique et d’un choix social. En effet, le collectif Génération précaire dénombre aujourd’hui 1,2 million de stagiaires en France. Ce chiffre, en augmentation de 50% depuis 2006, est le résultat d’une vision économique à court terme. C’est la volonté d’obtenir une productivité immédiate plus forte en omettant d’investir dans la ressource humaine d’avenir que constitue les futures générations. On préfère ainsi maintenir un marché du travail gratuit et parallèle, camouflet non déguisé aux jeunes de notre pays, plutôt que de
les inscrire durablement dans le paysage de l’entreprise par un apprentissage tutoré pérenne.

Des solutions existent face à cet état de fait. Je ne crois pas que Luc Ferry emprunte une voie acceptable en cherchant “un discours à la jeunesse”. Un discours à la jeunesse prendra invariablement les travers qu’il pointe lui-même : la démagogie jeuniste ou le tableau du déclin. Pour parler à la jeunesse, il faut avant toute chose parler à la société. En effet, ce n’est que dans une dynamique de solidarité intergénérationnelle que les jeunes trouveront, en France, une place digne de ce nom. La jeunesse n’est pas une tranche d’âge froide et limitée. C’est un état d’esprit, un rapport au monde qui vit de solidarité et d’équité mais également d’énergie, de travail et d’engagement. C’est une conception de la jeunesse qui n’est pas partagée par les pouvoirs de ce pays puisqu’aujourd’hui on préfère laisser les jeunes en dehors de la société, plutôt que de leur offrir la possibilité de soutenir notre édifice social. Cela revient en somme à extraire le moteur d’une voiture de son capot, tout en appuyant nerveusement sur l’accélérateur pour que la carcasse avance. La société dans son ensemble a besoin de la jeunesse comme d’une source de dynamisme et d’énergie. En écoutant sa jeunesse, la France verra enfin clairement ce qu’elle peut être demain. Notre pays doit écouter et essayer sa jeunesse, avant de vouloir lui parler. Paroles, paroles… Seule l’action politique redonnera de la valeur à sa parole, et les jeunes l’attendent encore.

Comment avons nous pu dériver si fortement ? Nous voyons d’un côté des personnes âgées souffrant de solitude dans leurs appartements délaissés et à l’autre bout de la chaîne des âges nous découvrons des étudiants mis dans l’impossibilité de trouver un logement décent. Les problèmes des uns trouvent leurs réponses dans les forces des autres, et les opportunités des uns ne menacent nullement les autres. Ce sont les solidarités que nous devons retrouver dans notre vie quotidienne, et c’est pour cela que les pouvoirs publics doivent permettre la rencontre de ces deux populations dans une volonté de mixité générationnelle, partout sur le territoire. Le temps presse. Les jeunes ne demandent pas la charité à travers l’apprentissage, mais de devenir parties prenantes d’une dynamique sociale partagée. Au sein d’une entreprise, le projet de l’apprentissage tutoré me semble être une solution viable. Dans le tutorat, ce n’est pas seulement le jeune salarié qui trouve la voie de son apprentissage professionnel, c’est également le “salarié senior” qui découvre une vision novatrice et dynamique. Cet échange intérgénérationnel est le meilleur antidote à l’anomie et à l’individualisme, délétère pour nos organisations. C’est également la meilleure solution pour que chacun trouve une place digne de ce nom sur le marché de l’emploi, et donc dans la vie. C’est à ce prix que la jeunesse construira au mieux la France de demain, en l’intégrant dès aujourd’hui pleinement.

Maxime Verner

Edit : cet article a été publié sur Mediapart le 25 février 2011

Redonner confiance à la jeunesse

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18 % de la tranche des 18-24 ans a voté pour l’extrême-droite lors du premier tour des élections cantonales (enquête réalisée par l’institut de sondage IPSOS). Comme en 2002, une partie de la jeunesse de France a choisi de se tourner vers un parti, qui, à priori, n’incarne pas les idéaux de solidarité et de générosité auxquels sont généralement attachées les jeunes générations. Ce chiffre, ajouté à celui de l’abstention (76% chez les 18-24 ans) fait l’effet d’un coup de poignard…

Derrière ce chiffre se cache le profond désarroi d’une classe d’âge, précarisée et paupérisée, pour qui l’avenir ne rime pas avec l’espoir. Partout dans le pays, les 18-24 ans ont la sensation d’être passablement exclus de la construction de la société. Génération bloquée des stagiaires longue durée, des enfants d’immigrés exclus de l’emploi, des ruraux isolés, elle se sent de moins en moins écoutée, de moins en moins considérée. Là où leurs aînés s’enflammaient pour des idéologies et des combats, et pensaient encore qu’ils pourraient rendre leur avenir meilleurs, les jeunes de 2011 sont lestés d’une résignation de plomb.

Le vote en faveur du Front National est un cri de détresse d’une classe d’âge qui souffre dans sa chair et qui voudrait trouver un écho salvateur dans le message des politiques. Il est du devoir des partis républicains d’écouter cet appel à l’aide de ses enfants et de leur redonner espoir. La campagne présidentielle qui va s’ouvrir doit impérativement conduire les candidats à se pencher sur les thématiques d’emploi des jeunes, d’accès au logement… Cette prise de conscience sera la condition sinequanone afin d’éviter qu’une partie plus grande encore de la jeunesse ne bascule dans le nihilisme politique.

Mais loin de moi l’idée de vouloir accorder à la jeunesse l’exclusivité de la souffrance et du désespoir. C’est l’image d’une société meurtrie, dans toutes ses composantes, qui s’offre à nous en ce lendemain d’élection. Contrairement à d’autres je ne pense pas que la solution réside dans la confrontation des générations les unes aux autres, ou des catégories les unes par rapport aux autres. La construction d’un avenir plus sûr et serein passe par l’injection d’une grande dose de solidarité dans les veines de notre société. C’est tout le sens de la politique intergénérationnelle que j’appelle de mes vœux  et qui constitue le socle des 89 propositions pour la jeunesse, que je présenterai début juin à l’occasion de la sortie de mon livre.

La jeunesse, une priorité de l’élection présidentielle pour les Français

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Selon une enquête réalisée par l’Observatoire de la jeunesse solidaire, 95% des français estiment que les enjeux liés à la jeunesse sont une priorité pour les présidentielles. La jeunesse constituera donc une thématique prioritaire pour les candidats à l’élection de 2012. Face à ce constat, il faut trouver les meilleures solutions pour la jeunesse et donc pour l’ensemble de la société française. En 2012, il s’agit de se proposer une politique publique raisonnable et emprunte de réalisme, mais aussi et avant tout ambitieuse, à la hauteur de la vision que l’on se fait de la France.
La jeunesse doit être pleinement intégrée en société

Notre jeunesse souffre. Elle rencontre des difficultés énormes pour se loger. Face à des loyers exhorbitants, elle n’a pas les moyens de trouver un appartement décent. Les jeunes voient aussi la porte du premier emploi se refermer inexorablement devant eux. Le taux de chomage des 15-24 ans est de 24,2% au troisième trimestre 2010, selon l’INSEE. Nous devons donc déployer des moyens publics conséquents en direction de la jeunesse pour régler ses problèmes de logement et d’emploi. La réquisition, par les pouvoirs publics, des logements laissés vacants en France peut constituer une première solution. Nous pouvons également penser à interdire les cautions supérieures à un mois pour les logements étudiants. Le développement des contrats aidés pour les jeunes, le développement de l’apprentissage tutoré entre un jeune salarié et un salarié proche de la retraite constituent aussi de bonnes idées pour pallier le bizutage social dont sont victimes les jeunes.
En échange, la jeunesse doit faire un effort de solidarité et de responsabilité

En retour, la jeunesse plus intégrée doit tourner son effort vers la solidarité intergénérationnelle. L’essentiel de notre action pour soutenir la jeunesse doit permettre de recréer du liant social dans notre société en proie à l’anomie. Les pouvoirs publics doivent aider les jeunes pour que ces derniers s’engagent en faveur des plus anciens, des plus seuls et des plus démunis. L’Etat doit favoriser le fait que les citoyens de tous les âges s’entraident et prennent soin les un des autres. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, la défiance entre les âges morcelle malheureusement chaque jour notre édifice social. D’un côté, toujours selon l’enquête de l’Observatoire pour une jeunesse solidaire,  88% des jeunes ne comptent que sur leurs efforts personnels.  De l’autre côté, en 2009, 51% des Français estimaient que la jeunesse était “individualiste” et “peu tolérante”. Nous devons donc agir en 2012 pour résoudre cette fracture générationnelle qui reste malgré tout une fracture sociale de notre société.
Pour créer une véritable politique publique de la jeunesse en 2012, je formulerai 89 propositions concrètes en mai prochain centrées autour de la refondation d’un pacte intergénérationnel. Je porterai cette parole auprès des candidats à l’élection présidentielle pour qu’enfin nous pensions un avenir social et républicain à nos marasmes collectifs.

A tous les jeunes qui ne croient pas en la politique

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“Nous avons entre 15 et 25 ans et nous ne croyons pas en la politique”. Selon une enquête réalisée par l’institut Ipsos, plus de 76% des 15-24 ans ne se sont pas déplacer aux urnes lors du dernier scrutin cantonal. Par dépit, plus que par conviction, nous nous jetons parfois dans les bras de l’extrémisme. Lors de ces mêmes élections cantonales, 18 % de cette tranche a voté pour l’extrême-droite lors du premier tour. Un sondage du même institut, publié le 4 avril, crédite Marine Le Pen de 20 à 23 % d’intentions de vote des 15-24 ans au premier tour de la prochaine présidentielle. Ce découragement politique de la jeunesse n’est pas nouveau. Déjà, le 19 mars 1980, Daniel Balavoine apostrophait François Mitterrand  sur le plateau du JT d’Antenne 2. Plus de trente ans ont passé, mais ses mots sont toujours criants de vérité. « La jeunesse sedésespère, elle est profondément désespérée parce qu’elle n’a plus d’appui, elle ne croit plus en la politique française [..]. Le désespoir est mobilisateur […]. Les jeunes vont finir par virer du mauvais côté car ils n’auront plus d’autres solutions. »

Pourquoi et comment pouvons nous sortir de cette désespérance pour que notre quotidien s’améliore très concrètement? Nous avons entre 15 et 25 ans et nous sommes nombreux à avoir des besoins concrets. Nous voulons nous loger décemment. Nous voulons obtenir un emploi qui nous plaise et nous permette de vivre. En somme, nous voulons nous insérer honnêtement dans la société française. Ces besoins ne sont pas irréalistes. Malheureusement aujourd’hui, ils ne sont pas assouvis; ce qui nous frustre chaque jour un peu plus. Comme beaucoup, je suis de ceux qui se lamentent que nous ne puissions pas nous insérer plus facilement dans l’édifice social français. A l’instar du plus grand nombre, cet état de fait ne me parait pas tolérable.

Nous avons entre 15 et 25 ans et face à l’intolérable, nous avons cependant le choix. Le choix de nous taire, le choix de la violence ou le choix de l’engagement. Les deux premières options me paraissent être mauvaises. Le silence pose un voile pudique sur les situations humaines les plus difficiles. Quand à la violence, elle ne permet pas de résoudre raisonnablement les problèmes et coupe une société qui aspire à vivre ensemble. J’ai donc fait le choix de l’engagement, un engagement aux côtés des autres, un engagement politique. Cet engagement est le seul à nous permettre  d’offrir des solutions pratiques et crédibles aux problèmes qui nous minent. “C’est trop utopique pour moi” me diront certains. “Qu’est-ce que cela va changer ?” se demanderont les autres.

Ceux-ci auront raison. Je crois fermement qu’il ne faut pas fermer les yeux sur les maux de la jeunesse. Il faut se forcer à regarder en face l’exclusion et le bizutage social, ne pas détourner la tête. Cette vision difficile pousse au découragement; mais c’est là que nous devons redoubler d’efforts et penser, réfléchir et proposer des idées pour sortir du marasme. Enfin, nous devons croire en nos propositions, les porter avec une conviction inébranlable. Finalement, je fais mien le mot de l’écrivain Romain Rolland qui disait ”Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté”.

L’optimisme de la volonté me pousse à croire que nombreux sont les hommes politiques qui, aujourd’hui; écoutent le cri de la jeunesse. Cette écoute est un signe d’espoir. Nous avons donc aujourd’hui le devoir de faire des propositions pratiques pour améliorer concrètement notre quotidien. Comme vous, je crois que les discours sur l’obligation de l’engagement politique ne servent à rien, ils sont même souvent ridicules car ils tentent de nous instrumentaliser. En revanche, lorsque concrètement le monde politique nous écoute et nous offre la possibilité de mieux vivre, nous devons nous engager pour proposer des solutions dans notre vie de tous les jours.

C’est en ce sens que je publierai le 1er juin mes 89 propositions pour créer un nouveau pacte générationnel lors de l’élection présidentielle de 2012. Je n’aurais de cesse de les porter avec vous auprès des candidats pour qu’enfin une véritable politique publique de la jeunesse soit mise en place.

Unissons-nous !

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Je suis né il y a neuf ans. Né en politique. Et je ne crois pas être le seul, ce 21 avril 2002, à avoir pris conscience de mon statut de citoyen. La qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle fut un électrochoc comme en connaît, parfois, la République. L’attentat du Petit-Clamart donnera lieu à l’instauration du suffrage universel direct pour élire le Président de la République. Alors qu’il parait qu’on perçoit la valeur d’un homme à sa capacité à se relever, la classe politique s’est-elle réveillée après ce 21 avril ? Au vu de la situation actuelle, la réponse est évidemment non. Comme trop souvent, la politique de l’autruche aura pris le pas sur la politique du courage. Et ceux qui payent le plus cher cet aveuglement, ce sont aujourd’hui les aînés et demain les générations futures. Or les aînés sont ceux qui justement devraient être mis au coeur de la société, au centre du projet de solidarité intergénérationnelle que nécessitent les défis de nos sociétés.

On me demande souvent ce qu’est la politique pour moi. Pour un jeune citoyen de 21 ans, c’est évidemment un moyen d’expression, le droit de s’engager. Je m’en sens même le devoir. Mais alors, me direz-vous, qu’est-ce que s’engager ? C’est donner chaque jour le meilleur de soi pour créer les conditions d’une société à la fois plus droite et moins verticale. Une société qui respire et qui donne à chacune et à chacun la chance de devenir qui elle/il est. D’être un citoyen pleinement intégré et reconnu, un acteur de la vie sociale. Pour cela, nous devons avoir le courage de nos opinions, le respect de celles des autres, le goût de la conviction et finalement, le rejet épidermique de toutes les injustices, le goût sans faille de la liberté, de l’égalité et de la fraternité pour tous. Mais la véritable question, c’est comment donner du sens dans notre société à ces notions de courage, de respect, de liberté. Je réponds : par l’engagement et l’union.

Comme Aristote, je pense que l’oeuvre du politique, la finalité de son engagement, doit être de créer le plus d’affinités et de connexions possibles au service de l’intérêt général. J’aime l’action, mais si certains discours m’ont marqué, celui qui m’a le plus touché n’est pas l’oeuvre d’un homme politique, mais plutôt d’un homme poétique, d’un artiste: « Au nom de la démocratie, usons de ce pouvoir, unissons-nous ! Combattons pour un monde nouveau, qui donnera à tous un travail, un avenir aux jeunes, une sécurité aux vieux. ». Chaplin, dans le discours du barbier (Le dictateur), réussit à toucher l’âme humaine. Pour moi, l’engagement est et devrait plus souvent être cela : la conjugaison de l’amour, de l’amitié et de la persuasion, pour un monde plus juste, plus épanouissant.

Alors en ce 21 avril, chers amis, je vous le demande de toutes mes forces, au nom de la démocratie et des générations futures, unissons-nous ici et maintenant, pour qu’aujourd’hui et demain soit meilleurs !

Le Serment des Jeunes de Paume

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Depuis trente-cinq ans, la principale variable d’ajustement dans notre pays, c’est la jeunesse. Comment mépriser ainsi l’avenir ? Que nous soyons des campagnes, des banlieues ou des villes, nous vivons tous à notre manière le bizutage social. Il se présente sous divers visages. Qu’il s’agisse de trouver un appartement, ce qui est devenu impossible sans caution et sans aide des familles ou de l’Etat, mais aussi tout simplement de vivre sa jeunesse, sa vie culturelle et sociale. L’isolement dans les zones rurales, dû à la désertification de ces villages et au manque de mobilité, la violence symbolique présente à longueur de temps dans nos quartiers modestes, où l’on incite nos jeunes à un lèche-vitrine social permanent, et la pression scolaire, la peur du déclassement et les difficultés d’une émancipation à risque dans les centres-villes, sont autant de maux pour une jeunesse qui se méprise trop souvent elle-même, miroir du regard des autres sur elle.

En effet, qui voit encore en France la jeunesse comme une ressource créative, comme une énergie de régénération, une force de proposition et d’innovation ? Le paradigme installé depuis les années 80 voudrait que les nouvelles générations soient des menaces, des sources de péril. Les récentes propositions de loi pour une majorité pénale dès 16 ans le montre bien, alors même qu’une majorité pleine et entière à dix-huit ans n’est toujours pas effective. Notre condition se dégrade à vue d’oeil, dans une société à statut qui ne se pose pas la question de l’avenir du système. Quand un jeune n’a nul accès au monde du travail, sauf par le prisme du stage, bien souvent non rémunéré, comment peut-on être jeune ? Quand un jeune ne peut joindre les deux bouts, vivant seul à plusieurs centaines de kilomètres de sa famille, et qu’il dépend entièrement d’eux, sur le plan financier, comment peut-on être jeune ? Quand la société, les parents et l’école transmettent une vision obsolète de la réussite et de l’échec, un appel à la concurrence dès le plus jeune âge, comment peut-on être jeune ?

En rencontrant chaque jour cette jeunesse engagée, active et volontaire, mais souffrant le plus souvent de manque d’estime en elle, je mesure l’ampleur du gâchis collectif. Les responsables politiques ne trouvent aucune réponse, car ne se posent pas la question. Les efforts de solidarité mais aussi la majeure partie des politiques publiques se tournent vers les actifs et les retraités. Bien sûr que la fiscalité et la dépendance sont des sujets majeurs qui concernent tous les foyers, mais la jeunesse n’est-elle pas, par son inscription dans la durée, une priorité nationale pour relancer le contrat social et l’économie française ? Je le crois fermement ! Nous devons prendre le pari de l’avenir, réaliser le seul investissement pour une croissance durable en France en menant une politique publique de la jeunesse dès 2012.

Nous ne pouvons plus attendre que les pouvoirs nous prennent en compte, nous devons dès aujourd’hui transformer les mentalités à l’égard de la jeunesse. Si nous voulons une France et une Europe régénérée, moderne et exemplaire, il faut que les citoyens exigent du prochain chef de l’Etat que la jeunesse soit la priorité, et pour ce faire j’appelle les jeunes de tous les âges à se rassembler et à ne pas se séparer tant que le contrat social entre les jeunes et la République ne sera pas réaffirmé. Comme les Pères fondateurs, qui ont instauré la souveraineté nationale en prêtant le Serment du Jeu de Paume, le 20 juin 1789, nous devons croire en la démocratie pour porter ces idées et devenir une force de propositions. Alors oui, ici et maintenant, jeunes de tous les âges, unissons-nous !

Bon été engagé à tous !

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Je vous invite à suivre ce mercredi 20 juillet dès 16 heures sur ma chaîne www.maximeverner.tv la conférence de présentation de ma webTV et de mon Tour de France.

Je présenterai notamment la programmation de la webTV et le dispositif élaboré par Blog-Vidéo qui me permettra de diffuser directement depuis mon smartphone en live des rencontres, des réfléxions et des interviews. La chaîne www.maximeverner.tv diffusera aussi des débats et des échanges organisés partout en France, et des programmes tournés en studio à Paris. Tous ces contenus seront enregistrés et disponibles en podcast, tandis que chaque internaute pourra être choisi pour intervenir et réagir en direct depuis sa webcam. J’en profiterai pour présenter mes 89 propositions, exposées dans mon manifeste, « Jeunes de tous les âges, unissons-nous ! 89 propositions pour 2012 », publiée aux Editions Max Milo le mois dernier.

Trente ans après la vague des radios libres, nous pouvons à nouveau mettre les nouvelles technologies à la disposition des générations futures pour qu’elles fassent souffler un vent nouveau de liberté d’expression. Je souhaite ainsi que cette chaîne rende accessible à tous l’aventure humaine que représente ma campagne participative et transparente. Je souhaite encourager les initiatives et montrer une jeunesse active, responsable et créative. C’est donc à vous de jouer !

Je démarre d’ailleurs ce mercredi mon tour du sud-est. D’ici au 21 août, je visiterai 24 départements : le Rhône, l’Isère, la Drôme, le Vaucluse, le Gard, la Lozère, l’Aveyron, l’Ariège, la Haute-Garonne, le Tarn, l’Aude, les Pyrénées-Orientales, l’Hérault, les Bouches-du-Rhône, le Var, les Alpes-Maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence, les Hautes-Alpes, la Savoie, la Haute-Savoie, l’Ain, la Loire, la Haute-Loire et l’Ardèche.

Accompagné des référents départementaux de l’Association des Jeunes de France, j’irai à la rencontre des citoyens et des associations. Je rencontrerai aussi les maires, conseillers généraux et régionaux qui souhaitent connaître ma démarche, sollicitant leur parrainage républicain pour l’élection présidentielle.

Vous êtes toutes et tous les bienvenus pour vivre avec moi, sur le terrain ou en live sur notre webTV, cet été engagé !

Vive la jeunesse, et vive la France !

Maxime Verner

Point d’étape

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Depuis le lancement de la chaîne www.maximeverner.tv, j’ai visité les maires de l’Isère et du Rhône qui souhaitaient découvrir ma démarche, et m’apporter leur parrainage républicain. J’ai également visité la Drôme et le Vaucluse, et passé ce dimanche au festival d’Avignon. Je démarre demain la semaine dans le Gard, à la rencontre des élus, des associations et des citoyens pour porter la voix de la jeunesse. Vous pourrez suivre ce tour sur mon blog et ma webTV.

113 parrainages !

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Après avoir visité l’Hérault, le Var, les Bouches-du-Rhône et les Hautes-Alpes, j’ai passé la semaine dernière à silloner la Haute-Loire, à la rencontre des élus et des citoyens. Au terme de ce premier tour du sud-est de la France, après 5 000 km parcourus et plus de 150 rendez-vous, je vous annonce que j’ai obtenu 113 promesses de parrainages républicains à l’élection présidentielle. L’aventure ne fait que commencer !

Votre proposition

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Vous pouvez déposer ici en commentaire votre proposition. Elles seront reprises et soumise aux votes des lecteurs de ce blog, de nos soutiens et de l’association des Jeunes de France afin de définir la 90e proposition de notre programme de politique publique de la jeunesse. Vous avez la parole ! Merci de votre participation.

Maxime Verner

PS : Les 89 propositions seront présentées dans les émissions de www.maximeverner.tv dès le 18 septembre à 19 heures

Lettre aux maires

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Bonjour à tous,

Si vous souhaitez m’aider à recueillir les 500 parrainages d’élus requis pour se présenter à la présidentielle, vous pouvez dès aujourd’hui envoyer ma lettre à votre Maire avec un petit mot de votre part.

Merci par avance, je compte sur vous pour en parler autour de vous.

Amitiés citoyennes,

Maxime Verner

Débrief : Semaine 39

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Désormais, vous retrouverez ici chaque semaine une chronique de l’actualité de la semaine. Puis, chaque dimanche de 15 heures à 17 heures, un live-tweet de la réunion de campagne sur www.twitter.com/maximeverner et dès 17 heures 30, vous pourrez suivre en direct sur www.maximeverner.tv la grande émission hebdomadaire d’échanges avec un décideur. Pour en savoir plus, rendez-vous sur Facebook.

La semaine dernière commençait par un constat : les Français souffrent, les jeunes aussi bien entendu. Par exemple, le cabinet Mercer nous apprenait qu’un tiers des salariés souhaitent quitter leur entreprise, par manque d’autonomie notamment. Heureusement, certains entreprises développent la détente au travail, la vie interne, notamment par le biais des activités et des plateformes communautaires. Je pense notamment à la 25e Bain World Cup qui était organisé par le groupe Bain&Company à Paris, au début du mois. 1 200 participants, qu’ils soient employés, consultants ou associés, à des tournois sportifs et à un concours de vidéos. Bernard Lequiller, associé au bureau de Paris, disait dans Le Figaro que cette World Cup « participe à la transmission de [leurs] valeurs d’une génération à la suivante ». Ce qui manque dans encore bien des organisations, comme je le souligne dans la proposition 88 de mon livre-programme.

Ensuite, la question de la souffrance chez les jeunes était mise en lumière par la publication du rapport de Boris Cyrulnik sur le suicide des jeunes, et plus particulièrement des adolescents. Le gynécologue Israël Nisand remettra lui aussi prochainement un rapport, sur la contraception et l’avortement des jeunes filles. Il prénocisera, comme les plannings familiaux et la proposition 66 de mon manifeste, l’accès gratuit et anonyme à la contraception pour les jeunes.

J’ai également suivi avec beaucoup d’attention les grèves d’enseignants, soutenus par certains syndicats et parents d’élèves. Dans le même temps, le FN donnait un colloque sur l’éducation. Marine Le Pen peu faire autant d’opérations séduction qu’elle le souhaite, son projet ne propose rien pour les jeunes, ceux-là même que l’on forme à l’école. Il s’agit de se tourner vers eux, vers leur découverte, leur connaissance d’eux-même, leur curiosité, et non de les stigmatiser comme pré-délinquant. Les enseignants ne tomberont pas dans le panneau !

Je soutiens aussi l’initiative de la « tablette à un euro par jour », organisée par Orange et le Ministère de l’Enseignement supérieur. Ainsi, chaque étudiant peut, certes en s’endettant sur deux ans, accéder aux dernières technologies pour apprendre, être connecté. De plus, je souhaite saluer ici et soutenir la proposition du Syndicat national de l’édition, qui propose la création d’un chèque-livre étudiant, attribué à la rentrée universitaire à tous les inscrits et financé par des entreprises, des municipalités et des conseils généraux. Cela permettra aussi de relancer le marché du livre universitaire, qui a perdu 15 % de ses ventes en quatre ans.

Je m’associe aussi à la JOC et propose que toute politique publique de la jeunesse vienne de la base, de la jeunesse, d’une discussion, d’une écoute et d’une co-construction de cette politique. C’est pour cette raison que j’ai publié mes 89 propositions et que je fais le tour de France pour convaincre, et les enrichir.

La semaine prochaine, on parlera de Facebook, d’Hadopi et des primaires socialistes.

N’hésitez pas à me poser vos questions en commentaire, j’y répondrai tous les soirs.

Maxime Verner

Mobilisation générale pour le logement

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Suite à l’appel de la Fondation Abbé Pierre, je m’engage à participer et à respecter le Contrat social pour le logement que nous établirons. Pour que les autres candidats à l’élection présidentielle en fasse de même, soyez nombreux à signer leur pétition sur leur site.

PS : la pénurie de logements et le mal-logement sont des questions essentielles. Je détaillerai bientôt ici mes propositions concernant ce sujet, reprises dans mon manifeste (propositions 7, 43 et 47 notamment).

 

Bref, j’ai pas voté aux primaires

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Vous avez été nombreux à me demander ma position sur les primaires citoyennes.

Le concept est novateur, intéressant et stimule la démocratie. Il permet aussi de situer les forces politiques, et je félicite ses organisateurs d’avoir mobilisé 2 millions et demi de citoyens hier.

Toutefois, je n’ai pas voté hier. Car mon idée d’une primaire ouverte réunit toutes les forces sociales, humanistes, et pas seulement le PS et le PRG. J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt les débats, qui étaient à l’honneur des candidats, avec des propositions, du bon sens et des différences.

J’aurai espéré que les candidats mettent leurs divergences et intérêts personnels en arrière-plan pour se réunir, dès hier soir, derrière le premier sorti des urnes. Au lieu de cela, ils ont privilégié les alliances, les débats et les petites déclarations du second tour. Cette semaine sera cruciale pour le Parti Socialiste, car elle donnera sa ligne officielle (car majoritaire) pour les années à venir.

Concernant la politique publique de la jeunesse, j’ai entendu les propositions de tous les candidats, et notamment des deux finalistes. Ils ne vont pas assez loin, et ne prennent pas encore les problèmes à la source, comme la mobilité, l’estime de soi, l’innovation. J’espère donc que le candidat désigné par le PS saura, à l’avenir, prendre conscience de nos préoccupations, de nos richesses, et développer une véritable politique publique de la jeunesse.

Je porterai sans relâche la voix de la jeunesse pour que tous les autres candidats à l’élection présidentielle développent une politique publique de la jeunesse, en s’appuyant sur la plateforme de 89 propositions que j’ai publié en juin dernier.

Bref, j’ai pas voté aux primaires.

Maxime Verner

Dans la mêlée socialiste

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Cette semaine passée aura été celle des paradoxes. D’un côté, un XV de France loin du niveau de ses plus belles heures qui se qualifie pourtant pour la finale de la Coupe du Monde de rugby en Nouvelle-Zélande, face aux All Blacks. Les responsables politiques de tous bords saluent la performance, les valeurs de ce sport, et pourtant, rien ne remplace, dans bien des cas, leur plan de carrière, leur individualisme, à l’heure où les Français où besoin d’une union sacrée pour relever la crise et s’engager dans l’avenir.

Autre paradoxe que de voir un évènement planétaire, sportif et populaire, prendre sa place dans l’actualité alors même que le concept politique qui a le vent en poupe s’appelle “démondialisation”. Alors qu’il n’avait pas démérité sur bien des thèmes, comme la République irréprochable et surtout l’école, où ses propositions sont parmi les meilleures depuis belle lurette dans la vie politique française, les enfants (spirituel ou biologique) de Jacques Delors, le père d’une Europe que j’aime et que je ne désespère pas de voir grandir un jour, se sont battus pour défendre ce concept fourre-tout et populiste à souhait.

Cette primaire citoyenne sera aussi un paradoxe. Avec près de trois millions de votants et un tel plébiscite pour François Hollande, elle devrait être une grande victoire pour la gauche. Pourtant, elle semble constitué un risque majeur pour l’alternance en 2012. En effet, l’esprit d’équipe est obligatoire en rugby comme en politique pour espère l’emporter, les percées individuelles n’étant que de doux rêves dans un sport où l’adversaire plaque rudement. Le haka sarkozyste claironnera à la fin de l’année, et en attendant les socialistes ont intérêt à apprendre à jouer collectif s’ils veulent vraiment l’emporter. Déjà, le candidat socialiste élu pourra désormais se mettre dans le hors je pour s’adresser au nom des siens. Espérons que le candidat de la droite en fasse autant une fois lancée, pour que cesse l’égocratie.

Un candidat à l’élection présidentielle, je le crois, n’est pas un super-héros, c’est un joueur de rugby qui encaisse les coups pour faire avancer le collectif, la France, avec ou sans la balle, le pouvoir. C’est ainsi que je vois ma progression, et j’espère que le sens de la fraternité saura primer une fois l’affrontement terminé, pour une troisième mi-temps active, au lendemain des primaires citoyennes comme au lendemain du 6 mai 2012.

Maxime Verner

 

Appel pour “la liberté, l’égalité, et la fraternité” à Hénin-Beaumont le 24 Octobre 2011

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A tous les Français,

Je lance en ce jour un appel pour la liberté, l’égalité et la fraternité.

Le 24 octobre est un jour de symboles. Celui du jeudi noir, où le monde à découvert les
méfaits d’une finance qui tue au lieu de créer de la confiance et de l’échange ; celui de 1940, où le maréchal Pétain allait serrer la main d’Hitler pour « ouvrir la voie de la collaboration », mais aussi celui où la Constituante a adoptée le premier symbole de notre République : le drapeau bleu-blanc-rouge.

Maxime Verner, Porte-voix de la Jeunesse pour 2012

Dans ce monde de crise perpétuelle, où l’on voit la menace et non l’opportunité, où le désert s’étend alors que l’on regarde ailleurs, je vous appelle à conserver toute votre générosité envers l’avenir, à perdurer la tradition du don de soi et de la lutte contre les injustices dans notre pays. Oui, la France court des menaces, du fait de l’évolution du monde depuis quarante ans. Mais nous pouvons, par l’espoir et l’énergie, renouer avec une France forte, exemplaire et prospère.

Ici, à Hénin-Beaumont, où un citoyen sur cinq est au chômage, où les services publics disparaissent les uns après les autres et où les élus ont trahi la confiance des citoyens, le Front national a recueilli 48 % des suffrages aux dernières élections municipales.

Ce parti démocratique porte des idées qui sont contraires aux valeurs de notre République indivisible, pour lui la rancune des uns doit étouffer le malheur des autres, pour mieux s’endormir dans la foi de l’inégalité et de la division nationale. Les Français sont davantage dupes que complices, car ils ne veulent pas tous supporter le poids de la vérité. Celle d’un monde qui change, d’un rayonnement à reconquérir. Alors, on se tourne vers le flou, le fumeux, le névrotique.

Lorsqu’on nous propose de faire allégeance au drapeau, ou qu’on demande aux préfets de maîtriser l’immigration professionnelle des étudiants étrangers en France, et que certains font de la démondialisation le thème d’une campagne qui se veut populaire, je mesure le chemin parcouru par le Front National depuis sa création, il y a près de quarante ans. Mais ne nous y trompons pas, Marine Le Pen n’est pas le visage de la France. C’est le visage du mélanisme de ces déclinologues qui font florès. Non, Marine Le Pen n’a pas le monopole de l’amour de la France. Ce sont trois valeurs qui font la force de notre pays, et sa beauté. Elles résonnent dans le Chant des partisans autant que dans nos cultures respectives. C’est la liberté, l’égalité et la fraternité. Poursuivons-les jusqu’à ce qu’elles s’accrochent de nouveau à nous, et à notre destin collectif.

Je suis moi aussi déçu par les décideurs de ce pays, et je veux faire entendre votre voix, Françaises et Français dont le désespoir ne trouve aucune offre politique crédible.

Votre choix aujourd’hui : la protestation ou l’abstention. Vous êtes offerts au populisme, et Marine Le Pen, fille spirituelle de Méline, de Boulanger, de Poujade et de son père, tient le pavé haut dans ce domaine. Les partis semblent résigner à lui laisser obtenir plus de 20 % de vos suffrages à la prochaine présidentielle, je ne le suis pas. Pour les français d’hier d’aujourd’hui et encore plus pour ceux de demain, je vous propose un autre choix que le Front national pour exprimer votre déception.

Je vous enjoins de sortir de la torpeur de ce pessimisme passif qui vous frappe, et qui sera forcément stérile. Les autres candidats proposent l’austérité, alors même que la France doit croire en son destin, investir sur son avenir et créer, innover et transmettre. Réalisons ensemble ce changement avec l’énergie créatrice qui est la nôtre !

Je m’adresse à vous depuis cette place Jean Jaurès, lui qui disait que « le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques », que le courage « c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel », lui qui aurait honte de la tartufferie de certains aujourd’hui devant le programme du Front national.

Dans mes dix prochains déplacements, là-même où vous êtes les plus nombreux à être séduit par le discours de Marine Le Pen, je m’appliquerai à le déstructurer point par point, pour que vous puissiez découvrir sa face cachée.

Je commencerai aujourd’hui par l’immigration. Lorsque Madame Le Pen traite les étrangers de « pompes aspirantes », elle ne refuse pas le communautarisme mais institue le rejet comme loi. Son père avait l’habitude de dire que celui qui a le bon diagnostic est le meilleur médecin. Mais lier l’insécurité et le chômage à l’immigration n’est pas un diagnostic, c’est un raccourci mensonger et dangereux. Oui, si la France élisait, les Le Pen nous plongeraient dans un Occident médiéval des croisades, de la chevalerie et de la culture matérielle. Ils se veulent le premier parti prolétaire de France, mais instaureraient un Etat de castes : le français contre l’étranger.

Toutefois, face à ce discours haineux, qui parle aujourd’hui du nécessaire apport culturel, économique, démographique des immigrés en France ? Au-delà des problèmes que nous connaissons, cessons cette malhonnêteté intellectuelle envers nos jeunes qui créée frustration et violence. Non, nous ne sommes pas des immigrés, nous sommes nés en France. Non, nos parents ne nous ont pas appris à haïr la France. Puisque l’éducation se fait par l’exemple, peut-on seulement concevoir l’effet pour un enfant de voir son père, son grand-père, dans un spleen permanent, comme un papier froissé, une vie de déracinement temporaire devenu un exil définitif ?

Lorsque je rencontre ces « esprits errants et sans patrie », ces retraités précaires, les « chibanis », ce qui me frappe c’est l’injustice.

Ils ont travaillé dur, ont mobilisé leurs forces pour s’intégrer malgré des conditions difficiles, et aujourd’hui ils semblent frappés d’anathème par les institutions, par les citoyens, et même par leurs enfants. Pour une raison : ne pas avoir renoncé à leur identité, leurs valeurs, leur vie d’avant la France. Quel splendide désastre, car ce qu’ils transmettront reste la plus grande richesse, la source de toute transformation dans nos quartiers les plus dévalorisés, isolés. Un jour, un de ces aînés de mon quartier, à Bron, m’a dit : « Il faut rester l’arbre à qui l’on jette des pierres et dont il tombe des fruits ».

L’esprit français doit être exactement ceci : la générosité en réponse à la violence symbolique, la force collective en lieu et place de la réaction isolée, les rêves mieux que les frustrations.

Pourtant, c’est en réaction qu’il y a six ans tout juste, les banlieues françaises se révoltaient. Mais ce ne fut pas une expérience de réussite collective pour nos jeunes, ce n’était pas une revendication sociale, un mouvement organisé, et qui les a écouté, une fois le soufflet retombé ? Les jeunes ne savent plus revendiquer le malaise de leur condition, car on ne leur laisse pas l’espace pour construire. Ils doivent le retrouver, d’eux-mêmes, dans ce que j’appelle le Serment des Jeunes de Paume. Je leur dis, « jeunes de tous les âges, unissons-nous ! » Et aujourd’hui, je vous appelle à vous réunir, tous les Français voulant répondre à la crise par l’action, par l’espoir et par la création.

J’appelle aussi Madame Le Pen à débattre avec moi de nos visions pour la France. Peut-être saura-t-elle vous éclairer alors sur son obscurantisme, elle qui fait du refus du progrès et de l’ouverture une politique à la mode, celle du repli sur soi et de la peur ?

En cette journée des Nations unies, « nous les heureux, les peu nombreux », nous avons le devoir de métamorphoser nos intentions et de les transmettre, de créer un climat de confiance, d’échanger, un nouvel esprit de Tolède, alors même que la morbidité de notre époque a créé un malaise généralisé, partagé au final par toutes les classes, tous les territoires, toutes les générations.

“ Là où croit le péril, croit aussi ce qui sauve », et nous devons trouver une issue en partant de nos forces, et non de nos faiblesses. Nous devons avoir une politique vivante, ouverte et riche, basée sur l’épanouissement personnel et sur la réussite collective. Nous devons réaliser l’Union sacrée pour contrer le Front national aux prochaines élections présidentielles, en se proposant un programme ambitieux et généreux. Nous devons renouer dans les faits, chaque jour et pour tous, avec nos valeurs éternelles : la liberté, l’égalité et la fraternité.”

Vive la République, vive la France !

Maxime Verner,
Président de l’association des Jeunes de France
& Candidat à l’élection Présidentielle de 2012

Appel pour la liberté, l’égalité et la fraternité, Vitrolles (13), 31 octobre 2011

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Vitrolles, le 31 octobre 2011

A tous les français,

Je lance aujourd’hui un appel pour la liberté, l’égalité et la fraternité.

Face au malaise dans la vie collective de notre pays, nous devons réagir. La réponse apportée par Marine Le Pen n’en est pas une. C’est de l’intimidation politique, un haka lepéniste tout au plus.

Mes chers concitoyens, réveillons-nous avant que son projet archaïsant pour la société française ne se retrouve, encore une fois, au second tour de l’élection présidentielle. En 2012, il ne suffira plus de se réveiller le soir du premier tour, comme il y a dix ans. C’est d’ailleurs ce 21 avril 2012 que la France a découvert le visage de Marine Le Pen. Depuis, son regard n’a cessé de prendre davantage d’impact sur le jeu politique, et a ankylosé bien des élans citoyens.

Je ne crie pas au loup, je ne suis pas dans la prophétie auto-réalisatrice, ni dans la fausse alerte permanente. Je n’attaque pas une personne mais un projet destructeur, et je vous demande, ce 31 octobre, de penser à la face cachée de ses paroles et de ses actes.

Les Le Pen nous ont déjà propulsé, par la dimension performative de leurs discours, dans une dangereuse chute dans le temps. Notre époque pense-t-elle encore assez pour sortir de l’abîme ? Ou bien sommes-nous clairement revenu en 1914 ? C’était il y a un siècle, mais nous campons toujours sur les mêmes positions économiques et politiques. Si la France continue à se rétracter, notre jeunesse redeviendra une chair à détresse. Remplacez la mort par le chômage, cette petite mort sociale et économique, et nous sommes tous des Poilus !

Je veux en finir ici avec quelques idées reçues. Il faut stopper les réflexes de procrastination. Le modèle de consommation globalisé dans les années 80 a installé l’individualisation comme pensée dominante, presque partout dans le monde. Le rapport au collectif s’en est trouvé bouleversé et doit aujourd’hui être reconstruit, mais partant de ce constat. Nous devons réunir les quatre générations qui cohabitent sans se voir, s’entendre et se transmettre, dans une maison commune : la France.

Lorsque l’on sait que le revenu moyen des retraités en France est de 800 euros, que des dizaines de milliers d’entre eux retournent au travail, ou en cherchent, pour subvenir à leurs besoins élémentaires, après une vie de labeur, alors on comprend aisément que l’autonomie des jeunes est le pendant de la dépendance de nos aînés. Nous devons les sortir de leur isolement pour retrouver de nouvelles solidarités, alors que les aides au sein-même des familles sont devenues indispensables mais créatrices de bien d’autres inégalités au quotidien. Le monde change, et nous nous réduisons à une succession de générations, avec leurs imaginaires propres et un ordre social nouveau à chaque coup de balai.

Si je suis aujourd’hui à Vitrolles, où les Mégret ont désappé la vie locale, culturelle et économique, pour au final perdurer la misère des uns et des autres, en les isolant; c’est pour réveiller les consciences.

Par exemple, demandons-nous si le Front national répond à la pauvreté. Huit millions de nos concitoyens vivent avec moins de 950 euros par mois. Les travailleurs précaires, les retraités, les jeunes, les familles mono-parentales, les petits commerçants et artisans, les agriculteurs… Je pense à eux, car je suis de cette France. Oui, chez moi, nous sommes de ces huit millions de français. Aucune idéologie n’a su endiguer notre misère et je fais le pari que c’est l’humain qui y arrivera.

Nous sommes sept milliards d’êtres humains, l’Afrique et l’Asie comptent le plus d’êtres, et nous nous réduisons à notre champ de vision direct : un Occident traumatisé, apathique face à sa déliquescence, cherchant fébrilement son ressort. Nos décideurs réutilisent les vieilles recettes keynésiennes, et nous condamnent à vie pour la stagflation. Si nous tirons le fil jusqu’au bout, nous verrons que tout cela ne tient pas debout. Pour autant, la réponse n’est pas le repli sur soi, le protectionnisme pervers et l’isolement proposé entre autres – de plus en plus nombreux d’ailleurs – dont Marine Le Pen, mais bien l’innovation, la création, l’échange et le dialogue

Non, la politique n’a pas besoin de décadence mais de joie. Non, nous ne devons pas nous isoler mais créer des synergies. Ici et maintenant. J’appelle aujourd’hui à un miracle français, celui d’une force morale éternelle, d’un esprit libéré des atavismes et d’un ton de liberté communicable à travers le monde. Et il y a des raisons d’espérer, des fondations sur lesquelles construire. La France, l’un des pays les plus productifs de la planète, s’appuie sur une fécondité et une générosité jamais démenties.

Première destination touristique, avec 80 millions de visiteurs par an, notre langue, le français, est parlé par 200 millions de citoyens, sur tous les continents. Dans trente ans, si nous aidons l’Afrique dans son développement et son rayonnement, ils seront trois plus.

Chaque année, 70 000 associations loi 1901 se créent en France, qui est le pays avec le plus d’ONG de rayonnement planétaire sous son drapeau. Avec quinze millions de bénévoles et deux millions de salariés dans le secteur associatif, la France perdure sa tradition de générosité envers l’avenir par le don au présent.

Economiquement, la France attire toujours autant d’investissements étrangers créateurs d’emplois, et sera encore, dans quarante ans, l’un des dix pays les plus riches à la surface du globe. Deuxième domaine maritime du monde, nos forêts sont parmi les mieux protégées.

Avec plus d’enthousiasme et d’optimisme, la France portera une pensée positive et une énergie créatrice au coeur de l’avenir du Monde. Si nous sommes bienveillants avec les pays en voie de développement, si nous croyons en notre avenir et nous réconcilions avec notre Histoire, nous serons le fer de lance d’un monde nouveau, le point d’entrée dans une nouvelle ère.

Mais pour cela, nous devons cesser d’assister impuissant à ce lent suicide de démocratie. Il n’y a plus rien de grand et d’exaltant dans le discours et les actes de nos élus. Affirmons donc des valeurs fortes, des principes universels et des moyens concrets pour y accéder.

A force de complaisance déguisée en diabolisation, ils ont fait du déni de vie, propre au projet du Front national, un logiciel de prétendue libre-pensée, une arme stérile de protestation politique. Mes chers concitoyens, ces prédicateurs de mésaventures, qui prospèrent sur toutes nos frustrations, ne sortiront jamais la France de son malheur actuel. Pour ce faire, nous avons besoin d’estime de nous, et non des jérémiades de Madame Le Pen.

Partout où les citoyens la croient un recours crédible, proche d’eux et puissant, j’irai déstructurer son discours. J’étais ainsi la semaine passée à Hénin-Beaumont, je serai demain à Toulon et après-demain à Caluire, pour montrer la vraie nature de ses idées : l’instinct de mort.

Je ne suis pas angélique, je sais bien que la politique est un sport de combat. Et s’il s’agit de sortir le marteau pour faire entendre votre voix, je le ferai. Car je ne veux pas d’une politique qui intimide, qui insulte, qui rejette. Madame Le Pen, je n’ai peur ni de vous, ni de vos soutiens, mais bel et bien de vos idées, et je les combattrai sans relâche.

Je préviens ceux qui n’économisent ni leurs insultes ni leurs menaces, je ne lâcherai pas. L’avenir de notre jeunesse et de notre pays sont en jeu. Pour les français d’hier, d’aujourd’hui et surtout ceux de demain, je mènerai ce combat jusqu’à ce que l’espoir, l’action et le rassemblement l’emportent sur l’extrêmisme.

Madame Le Pen, je vous le dis dans un langage que vous comprenez assez pour le pratiquer souvent, c’est unis que les jeunes de tous les âges marcherons sur les idées du Front national et ce qu’elles ont déjà engendré de renoncements, de tensions et de misères.

Plus que jamais, vive la République, vive la France !

Maxime Verner

 

Appel pour la liberté, l’égalité et la fraternité, Toulon, 1er Novembre 2011

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Toulon, le 1er novembre 2011

A tous les Français,

Je lance en ce jour un appel pour la liberté, l’égalité et la fraternité.

Si j’ai choisi Toulon pour le faire, ce n’est pas un hasard. Cette ville, à laquelle la France doit beaucoup, a longtemps été présentée comme le vaisseau amiral du Front National. Je viens aujourd’hui ici pour vous dire que ce parti prend l’eau, et coulera la France avec lui si nous n’y prenons pas garde.

J’étais hier à Vitrolles et à Marignane, mais c’est bien Toulon qui fut la plus grande ville gagnée par le Front National. Leur gestion y fut désastreuse et très coûteuse. Comme toujours, le FN avait misé sur sa spécialité : tirer profit, à tout prix, de la crise d’identité et des peurs de nos concitoyens. Une fois passée l’élection, nous avons vu à l’œuvre leurs solutions. Incompétence et clientélisme. Pas mieux que ceux qu’ils dénoncent.

Ici, les français sont frappés par l’injustice, par la violence sociale et symbolique. J’ai souvent entendu que la misère serait moins pénible au soleil, et je n’y crois pas. Car en plus de la détresse, ils ont droit à l’intolérance.  Je suis intolérant avec l’intolérance, car mes ancêtres savent trop bien où cela mène. Au néant. Et puisque le parti démocratique qui prône l’intolérance se nomme le Front National, je le combats avec vigueur. Ses réponses s’appuient sur le pire en nous, là même où la politique a pour devoir de construire sur le meilleur de chacun.

Nous entendons tous Churchill, en août 43, nous dire que « la démocratie est le pire système de gouvernement, à l’exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l’Histoire ». Nos amis tunisiens, égyptiens et lybiens l’entendent aujourd’hui. Mais désormais un dangereux écueil pour la démocratie d’âge mûre que nous sommes s’installe durablement : le populisme. Marine Le Pen joue d’ailleurs à merveille ce jeu de l’exaltation du principe de souveraineté du peuple, en créant simultanément une division constante entre les corps qui le compose.

La souveraineté nationale est un socle de la République, mais comment peut-on parler du peuple comme elle le fait ? Le peuple est la première puissance, mais elle revêt de multiples formes et contient des millions d’identités distinctes. Si nous voulons redonner une forme sociale à la démocratie, nous devons nous poser la question de l’éclatement du peuple, celui-là même sur lequel Marine Le Pen prospère sur les pas de son père, qui a profité durant un demi-siècle de la crise de la représentation nationale.

Il faut se demander pourquoi la société est disloquée par les inégalités, et y trouver une réponse créatrice de davantage de sens que le populisme de bas-étage du Front National, qui se place exactement sur la vague du désenchantement politique des Français, face à l’incapacité des représentants actuels à résoudre la question sociale.

Rosanvallon dit d’ailleurs à ce propos que « le populisme n’est pas un style politique, mais bien un détournement, une confiscation, un inachèvement de la démocratie ». Le siècle dernier a été le théâtre de tous les totalitarismes, et par repli, par rejet, nous nous serions réveillés dans le siècle de l’abstention, du vote extrême, du populisme ? Nous ne pouvons nous y résoudre.

Je ne suis pas là pour vous dire à qui la faute, mais pour poser les questions qui s’imposent, et y apporter des réponses. Je veux réveiller aussi les partis politiques, qui nous présentent un peuple unifié qui serait défini par sa différence avec les élites. C’est un splendide mépris de la démocratie, et par la même du peuple. J’en appelle donc à une démocratie active, celle du citoyen impliqué, libre de ses idées, et qui les porte, pour répondre à cette attaque à notre identité citoyenne. Ils voudraient tellement nous reconnaître dans leur « sociostyles », que nous n’avons plus droit à la différence, à la liberté. Réagissons !

Mais ce n’est pas tout, ils simplifient aussi la conception du lien social en pensant que la cohésion de la société se fait par le caractère unique de son identité, par l’assimilation donc. Nous, jeunes citoyens de tous les âges qui sont ouverts sur le monde d’aujourd’hui, et conscients du monde de demain, nous savons bien que c’est la qualité des rapports sociaux au sein même de la société qui fait sa cohésion, que c’est l’échange, le partage et l’enrichissement commun, l’union qui fait la force. Refusons la stigmatisation de certains par d’autres, et donc de chacun par tous, refusons le cercle vicieux initié par les communautarismes culturels et cultuels, et unissons-nous !

Tandis que la politique est devenue une gestion davantage qu’une vision, nous devons trouver des solutions porteuses d’avenir, soucieuses de respecter notre passé. Aujourd’hui, on vous appelle à vous indigner. Je suis, comme vous, un indigné ! Mais il nous faut aujourd’hui une dimension collective et historique si nous voulons transformer la société française, dans un corps à corps avec la réalité. « La nation, seul bien des pauvres », doit être redéfinie, réactivée, réactualisée. Nous changeons d’époque, Marine Le Pen vous propose le Moyen-âge, opposons-lui la Renaissance.

Nous avons atteint le cap de désespérance mais pouvons encore initier une résistance citoyenne. Ensemble, nous ferons renaître l’exceptionnalité française. Notre jeunesse a un potentiel de création unique et sous-exploitée, sortons de la période de jachère et entrons dans l’ère de l’innovation, réveillons-nous ! Refusons la dissociation entre morale et politique que l’on nous impose aujourd’hui, car elle a toujours produit les plus terribles violences et injustices. Dépassons-nous, retrouvons des rêves et des idéaux à poursuivre, ne nous soumettons à personne, n’ayons pas peur, cessons d’éprouver et d’être affectés pour affecter à notre tour, et positivement, notre environnement, notre avenir, notre vie. Nous ne sommes pas condamnés au déclassement, mais au combat. Nous sommes nés pour nous battre sur le front des idées, du progrès, de l’humanité.

J’appelle d’ailleurs tous les candidats à réfléchir à la façon dont nous pourrions accomplir l’idéal démocratique, à proposer aux français des solutions lors de la prochaine élection présidentielle pour améliorer le bien-vivre-ensemble, en questionnant notre identité collective, et non une quelconque « identité nationale ». Et j’appelle tous les citoyens à se prononcer à cette occasion, dans ce rendez-vous qu’ils se donnent à eux-mêmes, pour former une majorité consciente de la diversité des figures, des peuples qui la composent. Là où Marine Le Pen simplifie à l’extrême les rapports sociaux pour les pervertir, nous devons compliquer. Oui c’est nécessaire aujourd’hui, la démocratie, pour retrouver l’esprit d’un peuple électoral défini par les fondements de la vie commune, la loi qui protège et qui intègre, la Constitution. Il en est ainsi de la démocratie : un mode de production d’un vivre-ensemble indispensable.

Ce que je vous propose, Français de tous les âges, c’est de redéfinir le contrat social qui nous unit. Et fidèle à mon principe selon lequel il n’y a que des solutions, et que chaque menace est une opportunité à découvrir, je vous dis : appuyons-nous sur cette tentation du populisme, sur cette souffrance du rejet sur laquelle joue les extrémismes, pour approfondir ensemble l’idée démocratique dans le cadre de l’évènement qui le peut le mieux : l’élection présidentielle.

Vive la République, vive la France !

Appel pour la liberté, l’égalité et la fraternité, Caluire, 2 Novembre 2011

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2 novembre 2011, Caluire-et-Cuire (69), Mémorial Jean-Moulin

A tous les Français,

Je lance aujourd’hui un appel pour la liberté, l’égalité et la fraternité.

C’est ici, devant la maison où Jean Moulin fut arrêté le 21 juin 1943, que je voulais m’adresser à vous. Car s’il en fut un qui alliait l’acuité du regard et le courage du cœur, c’est bien lui. Nous aurions, aujourd’hui, grand besoin de lui, et de tous ceux qui sont tombés pour la France.

Lui que le Général de Gaulle avait envoyé à Lyon, terre de résistance, pour être son représentant et le premier président du Conseil national de la Résistance. Lui, Max, l’infatigable rassembleur de toutes les forces libres. Lui qui, à peine majeur, servait déjà l’Etat. Comme lui, je crois que le premier combat est essentiel. Je suis intimement convaincu qu’il faut rentrer dans la vie par l’épée, mais celle du réel et non de l’horreur. Grandir en créant et non en subissant. Rentrer par le combat, comme Jean Moulin et ses compagnons nous l’ont montré, en nous léguant ainsi la liberté. La nation leur en-t-elle encore reconnaissante ?

A en croire l’état du moral des français, la flambée de populisme, l’abstention et la déception de tant de citoyens, nous pourrions nous demander ce qu’est aujourd’hui la politique, la citoyenneté. Le Front National porte l’idée de l’engagement politique comme d’un acte de destruction. Ils disent vouloir enrayer le malheur des uns en écrasant l’identité des autres, et malheureusement font des émules. C’est cette vision qui est contre-productive et destructive, alors que je vois pour ma part la politique comme un acte de création.

Devant l’avenir, la politique doit être cette énergie créatrice, cette impulsion de résistance qui nous permet de ne jamais abdiquer devant la difficulté, l’injustice, la violence, de ne pas seulement dire « non », mais de prononcer un grand « oui », à la liberté, à l’égalité, à la fraternité, qui doit être au cœur d’une action, d’un vote, d’une vie.

Le Front National prône la peur, la pétouille, le renoncement face à l’avenir. C’est le parti de la déroute, de la faillite. Ils disent regarder la vérité en face, mais la vérité est complexe et multiple, il faut la voir sous toutes ses facettes. On doit exiger du citoyen, et ne pas le rabaisser à un discours de bistrot. Comme dit le poète allemand, « qui pense le plus profond, aime le plus vivant », alors non je ne reviendrai pas au concret dans cet appel, et oui je compliquerai le discours simpliste de Marine Le Pen, qui prend les français pour des imbéciles. Je souhaite vous apporter l’expression de ce que sous-entend son discours, son mode de compréhension du monde et son jeu politique.

Nous sommes rappelés à la préhistoire par Madame Le Pen, mais je crois qu’avec des petits Moulin, des « Carnot de la Résistance », le levain prendra. Nous sommes une nation qui se désarticule depuis quarante ans, mais nous ne sommes pas à terre. Notre pays a des ressorts cachés, notre nation n’est pas minée de l’intérieur mais enrichi par sa diversité qui irriguera ses futures générations de richesses nouvelles. Mais les politiques ne voient-ils pas cela? Soit ils sont incapables, soit ils capitulent. Face à cette République qu’on laisse en déliquescence, cette jeune fille en fleur que l’on voudrait vieille dame, face à ces forces politiques affaissés, n’essayant même plus ou si mal, qu’est-ce qu’être lucide ? Je réponds : c’est de rêver.

La France est une réalité en mouvement perpétuel, c’est une énergie, un phénomène inqualifiable qui intègre ce qui veut bien y entrer, c’est une mère-patrie qui protège ses petits, c’est tout sauf le corps mort qu’on veut bien nous faire croire. Les jeunes de notre pays en ont marre d’avaler des couleuvres, je leur propose de s’unir pour construire la France de demain.

Ils ne se souviennent pas tous de lui, mais je veux leur faire entendre aujourd’hui, pour eux, le courage de Jean Moulin. Celui qui avait proclamé la survie de notre pays par son courage, et parce que lui, le plus jeune préfet de France, accordait de l’importance à la nation, et pas au nationalisme. La nation, cette « donnée invincible et mystérieuse », nécessitait alors que l’on combatte pour son unité. Nous en sommes de nouveau à ce point, pour retrouver sa force créatrice, cet « accent invincible de la Fraternité ». Mais au lieu de cela, nous demandons aux enfants de France de prêter allégeance au drapeau ou de déguiser leur identité pour avoir le droit de ressentir ce sentiment profond et organique d’être français.

Quand je pense à notre identité collective, je ne peux m’empêcher de penser à Mathurin Henriot, mort fusillé à quatorze ans car il ne voulait pas dénoncer ses parents. Je pense aussi à Lazare Pitkowicz, rentré en résistance avec sa famille dès ses douze ans, échappé du Vél d’Hiv, parti à Lyon devenir agent de liaison, il tente de faire échapper les résistants arrêtés ici, à Caluire, et se fait arrêter par la Gestapo sur la pont de Guillotière. Insaisissable, il s’échappe et évite les balles. Retourné à Paris, arrêté de nouveau, il s’échappe encore lors d’un transfert. Si ses parents ne sont jamais revenus d’Auschwitz, il a porté toute sa vie ces aventures, jusqu’à sa mort, il y a sept ans, pour témoigner. Ces jeunes sont compagnons de la Libération car ils ont fait don de leur vie à quelque chose de supérieur : l’Avenir. Leur générosité et leur grâce devraient nous rendre plus responsables de ce que nous faisons aujourd’hui de notre héritage commun. De cette France traumatisée mais forte. Quand je pense à Guy Môquet, ce « cœur d’enfant » qui avant d’être fusillé donnait encore du courage à ses proches, ce môme de 17 ans et demi accepterait-il le climat d’aujourd’hui ? « Certes, j’aurai voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. ». Alors oui, il faut se battre chaque jour pour que la mort de ces « ombres défigurées » ait servi à quelque chose.

Pensons davantage à tous ceux qui ont vécu une vie de combats, à ceux qui en sont morts avant d’être adultes. Ces jeunes français et étrangers qui, seuls, quand le plus gros des troupes avait déserté ou désespéré, ont décidé de continuer à se battre. Je pense à l’Affiche rouge, aux strophes pour se souvenir, et à tous ceux qui n’ont cessé de donner leur vie pour les millions d’âmes qui naîtraient après eux, alors qu’ils étaient dans le chaos.

Aujourd’hui, dans un monde somme toute moins catastrophique, nous avons les moyens de rendre la vie plus belle. Je prends bien sûr acte de la crise, mais je dis avec vigueur qu’on doit replacer la France d’aujourd’hui dans son mouvement historique. La France du passé, la France de demain, cela a un sens. Ne perdons pas le fil de notre Histoire, les valeurs qui ont fait notre grandeur. Ne nous cachons pas derrière un pragmatisme puéril mais cherchons ensemble une vision, celle qui replacerait la crise que nous traversons dans une continuité, qui prendrait ce mouvement de repli dans un processus, un environnement en marche, et qui intégrerait ce réel dans le temps et dans l’espace pour faire de nouveau de la France un modèle, un fer de lance, un laboratoire du monde de demain. Lorsque je vois le monde menacer de faillite la Grèce parce que ses décideurs veulent demander l’avis du peuple sur ce plan de sauvetage, je leur demande, qui êtes-vous, décideurs du monde, réunis aujourd’hui à Nice, pour décider à notre place ? Vous avez un mandat qui émane du peuple, construisez avec lui. Il faut du recul sur la politique, sur ses regrets et sur le temps que l’on croit avoir à rattraper, pour être un bon décideur. Il faut un sens moral, une éthique sans faille pour être un bon représentant.

Depuis cette avant-veille de Noël où j’ai annoncé ma candidature à l’élection présidentielle, j’ai parcouru plus de 10 000 kilomètres, rencontré des centaines d’associations, d’élus, des milliers de citoyens. J’en apprends de plus en plus chaque jour, et ce qui m’a le plus marqué, c’est cette déculpabilisation de la bêtise, dû à trop de désespoir. Le FN creuse son nid, au cœur de la démocratie, car personne ne s’y oppose. Mais ce que je vois le plus souvent dans leurs colères, c’est la larme lourde de tant de fiertés, de reconnaissance et de farouche volonté laissées au vestiaire.

Dans la grande lutte des ténèbres, dans cette aventure qu’est la vie, la jeunesse n’est plus qu’insouciance. Mais que faire de ce désespoir ? Certains l’utilisent au bout d’une fourche, mais moi je veux le restituer, pour le transformer. La politique, c’est une projection, une dynamique, une volonté, une vision. Pour les Le Pen, c’est celle du « c’était mieux avant ». A laquelle j’oppose celle du « construisons demain ». Nous devons élargir et allonger notre regard pour embrasser tous les phénomènes qui nous traversent, toutes les expérimentations qui se disséminent, pour faire autrement. Ne négligeons pas notre potentiel et rendons-le dynamisant.

Si je vous révèle la latence et l’implicite du discours du Front National, c’est car il a pour finalité d’écraser dans l’œuf tout soulèvement de courage, de bonté ou de création. Il a rigidifié la société et l’époque, nous manquons de volonté, il faut y penser pour créer de nouveau. Nous avons grand besoin de cette volonté qui nous porte et qui nous permet de voir plus loin, plus grand, plus fort. Alors, jeunes de tous les âges, unissons-nous ! Je sais que rien n’est plus coûteux qu’un commencement. Mais une fois initiée, ce mouvement fera rempart aux idées du Front National et se propagera dans les forces politiques existantes pour recréer une pratique politique généreuse, visionnaire et courageuse.

Ce que je ressens chez celles et ceux que je rencontre, je le ressens en moi. Car nous sommes les mêmes, je viens de cette France. Je crois que ce qu’il reste en eux de ce sentiment tient de l’ordre du dépit amoureux, ils ont mal à leur France. Les politiques les ont laissés tombés et ils sont encore sous le choc, accusant le coup de la trahison, de la perte de repères, des remises en question permanentes. Après la rupture, celle des années 70 et 80, ils ont vécu cette période de deuil et de repli sur soi, où le FN s’est installé dans le paysage politique français. Puis, ils sont entrés dans le couloir de la dépression, celle qui préserve l’énergie par crainte du lendemain. Nous devons la vivre pleinement, cette grande dépression, cette catharsis nationale, car elle est nécessaire à la transition. Mais cette réévaluation de soi et des autres, de la vie, de nos vies, bouleversent tous les équilibres.

Nous sommes obligés d’accepter la réalité, même malheureuse, même pathétique. Il faut alors résoudre les conflits et redéfinir de nouveaux objectifs, améliorer notre perception de la réussite, du bonheur. La France doit aller de l’avant pour soigner ses blessures et ne pas se baigner sans cesse dans cette souffrance due à l’incompréhension de ce qui s’est passé, de ce déclassement, de ce bouleversement d’équilibre. En trouvant les raisons profondes de notre malaise, nous pourrons nous reconstruire, et recommencer le projet français sur des bases saines. Mais pour dissiper les tensions, atténuer la mélancolie, nous avons besoin de l’autre. C’est contradictoire, et il faut surmonter cela, car même au plus bas, nos forces, notre estime est toujours là, tapie au fond de nous. Le problème du mépris est ici : on ne s’aime pas assez donc on détruit l’autre à travers son regard. Changeons donc le regard que l’on porte sur nous, et sur les autres, pas dans le sens d’une « identité nationale », uniforme donc créée artificiellement, mais demandons-nous plutôt de quoi la France est-elle le nom aujourd’hui ? Et demain, que feront nous de nos forces, de nos faiblesses, de toutes ces menaces mais aussi de ces opportunités qui pèsent sur notre destin collectif ?

Tirons la pleine expérience de l’Histoire, et décidons ensemble de ce qu’on veut vivre et de ce qu’on ne veut plus jamais revivre. Réapprenons à nous aimer et à voir l’amour de la France non comme une dépendance mais comme un don de soi. Demandons-nous ce que nous pouvons faire pour notre pays, et faisons-le ! Et alors seulement nous aurons droit à la mélancolie, cette phase du souvenir mais qui produit tant de frustration, de colère et qui prolonge le chagrin. C’est tout ce que Marine Le Pen vous propose, et c’est bien trop peu, c’est bien trop mal. Ainsi, elle ne créé que colère, agressivité, dû à trop de détachement, à trop de désamour.

Faisons preuve de volonté, je vous en prie, pour contrer les idées du Front National qui ne font en somme que d’accentuer le vide créé par la rupture entre nos différences, et faisons de nos tristes cerveaux envahis par la pensée de cette perte des âmes en reconquête.

Exprimons nos pensées tout en prenant de la distance. La seule bêtise qui existe, c’est cette « graisse autour du cœur » qui éloigne en croyant protéger, qui détruit en croyant regarder. Il faut créer, sortir toute cette matière, et voir cette crise comme l’occasion d’une réorientation, d’un renouveau.

Vous savez bien que les souffrances viennent des fausses croyances, et que le temps ne change nos peines qu’à condition de le vouloir vraiment. Alors, pour s’en sortir, assimilons ce qui nous est arrivé, ne refusons pas la réalité, cessons notre colère envers les autres, « ces gens-là », et arrêtons de nous culpabiliser de ne pas avoir su garder la France grande et forte, ne tombons pas, comme le propose Madame Le Pen, dans ce marchandage qui consiste à tout promettre pour au final de rien faire, à se rattacher encore une fois à de fausses croyances et à des échecs certains, à des lendemains funestes. Traversons ensemble cette phase de dépression, avec l’impression qu’on ne s’en sortira jamais mais lorsque notre estime de nous, notre amour de la France, retrouvera la force de ses racines, enfin nous entrerons dans l’acceptation de notre puissance collective, de notre devoir envers notre temps, celui de la grandeur de notre destin collectif.

Jeunesse de France, cassons ensemble le cercle de l’indifférence qui détruit notre patrie à petit feu, ne tombons pas dans le piège tendu par Marine Le Pen, votre prétendue « sœur d’élection » qui n’est qu’une « embûche dressée et le commencement de [notre] perdition ». C’est un cri du cœur, un cri d’espoir et de désespoir mêlés que je vous adresse aujourd’hui. On doit trouver un objectif commun, puis regarder ensemble dans cette même direction. Réinjections de la jeunesse, de la générosité, de l’innovation dans nos vies et dans notre pays.

Pour que vive la République, et que vive la France !

Pour la ligne du G20, une Europe sans Grèce ? Non merci !

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Au lendemain du G20, il est bon de se rappeler que nos cousins grecs nous disaient il y a peu que nous leur étions débiteurs avant toute chose, car ils ont légué la démocratie athénienne à l’Europe. Dans l’oraison funèbre de la Guerre du Péloponnèse, Thucydide nous apprend que Périclès se prononçait déjà pour que la pauvreté n’exclue aucun citoyen de la participation politique. N’est-ce pas pour autant ce qui se produit aujourd’hui en Grèce, après le pédalage à reculons de leur Premier ministre ?

Papandréou semblait s’être souvenu du sens du mot démocratie, cette souveraineté du peuple, avant de reculer face au symbole de la ploutocratie mondiale, le G20. Nos dirigeants devraient au contraire s’appuyer sur cette période de crise pour proposer l’ouverture comme solution et comme valeur, alors même que les nationalismes exacerbés proposent la procrastination. Seulement, le choix doit revenir au peuple, le seul vrai décideur à long terme. Puisque la démocratie reste, selon le mot de Lincoln, « le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple ».

Schuman disait par ailleurs que l’Europe se ferait « par des réalisations concrètes créant d’abord des solidarités de fait ». Nous les attendons encore, alors que l’on doit se battre pour que la devise de l’Union européenne, choisie par des jeunes européens, prenne sens chaque jour : « In varietate concordia » (unie dans la diversité).

Alors que l’Europe avait pour but à sa fondation de créer une union démocratique, c’est très vite le Marché commun qui a pris le dessus. Bien sûr, une bonne conjoncture économique est indispensable au développement d’une démocratie, mais quand la crise fait rage, nous donnons le pouvoir à l’argent, alors même que ce sont les valeurs dont nous avons le plus besoin pour se relever. L’Allemagne et la France jouent le rôle des parents autoritaires, et les autres pays de l’Union n’ont qu’à bien se tenir. Malheur aux ruinés !

Est-ce un hasard si c’est aujourd’hui la Grèce, ce berceau de la démocratie, du principe de partage du pouvoir, de savoir pour tous, qui s’écroule, alors que tant de pays dans le Monde découvrent, au prix du sang des leurs, cette démocratie ? Pour la survie de la zone euro, Papandréou doit-il démissionner et laisser le gouvernement d’union nationale se former en Grèce ? En vérité, l’Europe se joue ailleurs. Si nous laissons la Grèce se dépêtrer seule de sa crise, nous donnerons le signal d’une Europe véritablement économique et aucunement démocratique, les opinions publiques européennes réfléchiront à un retour au protectionnisme et à la monnaie nationale, le projet européen sera tôt ou tard abandonner, alors que nous devons profiter de cette crise sans précédent pour assainir le système, la gouvernance mais surtout le projet de l’Europe, et le rendre enfin concret, démocratique et participatif.

 

Il faut que l’on laisse les peuples d’Europe s’accaparer le projet de l’Union, et notamment les générations futures qui elles n’ont pas connu les guerres, ni les croissances à double chiffre.

Etudiants, vos papiers !

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Chers amis,

Je vous invite à rejoindre le Collectif du 31 mai pour vous élever contre la circulaire Guéant du 31 mai dernier, et l’idéologie qu’elle sous-tend. Les 6 000 étudiants diplômés étrangers demandant un titre de séjour professionnel en France ne sont plus les bienvenus, car « la priorité doit être donnée à l’insertion professionnelle des demandeurs d’emploi aujourd’hui présents […] en France ». En deux mots : Fermeture des portes, pour cause de crise.

C’est là le choix de nos dirigeants, alors même que cette crise est globale et que les pays qui en sortiront leaders seront les phares de l’innovation, ceux qui justement auront sû être attirant pour les forces motrices de l’humanité entière qui se mettent en mouvement (le nombre d’étudiants à l’étranger a doublé en dix ans). Et quid de l’éducation ? Nous demandons à nos grandes écoles une ouverture internationale, pour arrêter d’être à la traine dans le classement de Shangaï, mais fermons les portes de notre pays une fois l’entrée dans la vie active ? Pour les étudiants étrangers venus dans nos universités pour apprendre les Humanités, est-ce un modèle de générosité envers l’avenir à leur proposer ? Et, n’avons-nous à ce point plus aucune estime de nous et de notre pays, pour penser encore que des jeunes du monde entier puissent vouloir épouser son destin en le découvrant ?

La loi de 2006 citée par la circulaire stipule qu’un étudiant peut gagner le statut de salarié,après celui d’étudiant, si dans les six mois suivant l’obtention de son master il trouve un emploi. Avec sa circulaire, le ministre invite les préfets à durcir drastiquement l’acquisition du statut de salarié, donc de résident.

Les employeurs ne pourront donc plus recruter librement parmi les 278 000 étudiants étrangers, qui sont souvent les meilleurs potentiels de leurs pays d’origine.Que seraient alors devenus nos deux plus récentes gloires universitaires, le médaillé Fields Ngô Bao Châu et le Nobel Jules Hoffmann, qui ont débuté en France comme étudiants étrangers ?

Voir la jeunesse ainsi ciblée m’est insupportable. Nous devons laisser la liberté d’action et d’installation a ces étudiants qui sont tout autant nécessaires a la France qu’à leur pays d’origine ! Être jeune, c’est avoir conscience de ses obligations mais c’est aussi pouvoir jouir de sa liberté récemment gagné. Nous avons la chance de pouvoir prétendre a des études de qualité à coût modique. Il faut donner la chance du choix a chaque jeune dans ses limites et non dans des limites imposés par la peur des autres et par le protectionnisme et le repli sur soi ambiant.

Si nous voulons réveiller la France, lui rendre sa couleur et sa force, nous devons nous ouvrir. La France a aussi été faite d’étrangers venus y travailler, puis y vivre. Et dont les descendants sont, n’en déplaise à certains, les jeunes français, gardiens du temple de la République de demain.

Maxime Verner

Tout va très bien, madame la crise !

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La crise économique actuelle est globalisée à la société et devient une crise sociale. Dans ce cadre, ce sont deux franges de la population qui sont encore plus fragilisées par cette période : les jeunes et les aînés. Puisqu’elles ne peuvent pas encore ou plus prendre part à la production de richesse, ce sont les deux générations où 20 % de la population qui vit sous le seuil de pauvreté.

Inactifs sur le papier, ces citoyens sont démunis obligés de se référer aux solidarités familiales, qui dépendent du milieu, la crise empire encore ce phénomène de paupérisation. Pourtant, s’il en est bien qui doivent pouvoir faire abstraction des impératifs financiers, ce sont nos jeunes qui se forment, et nos aînés qui leur léguent, et ont travaillé leur vie durant. La santé, avec la franchise médicale et l’augmentation des mutuelles étudiantes dûe à leur imposition de plus en plus importante, sont encore des mauvais clignotants. Puisque sans santé, la confiance dans l’avenir, la réussite scolaire ou la reconnaissance dûe à nos aînés, sont de plus en plus fragiles.

Pourtant, ce sont dans ces périodes que l’esprit démocratique doit se sentir le plus fort, puisque l’union fait la force. Malgré les intempéries, il faut revendiquer son appartenance au corps social, participer à la solidarité citoyenne au quotidien.

Ce sont d’ailleurs des jeunes, ayant intériorisé les valeurs républicaines, qui réveillent leurs aînés à l’importance de la force collective face à la crise. Ils nous rappellent, ces Indignés, qu’il faut réagir pour se renforcer, malgré cet isolement dans la société face à la crise. Si l’école et la famille ne savent plus transmettre l’esprit de solidarité entre citoyens, ce sont ces mouvements spontanés qui nous rendront notre conscience sociale afin de ne pas nous endormir dans l’égoïsme et l’individualisme.

Au final, c’est aux français de tous les âges de répondre à cette crise par une solution ouverte, généreuse et constructrice de lien et de sens. A notre échelle et à notre manière, nous y participons. Et vous ?

Maxime Verner

La polka des maires

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Aujourd’hui s’ouvre le Congrès annuel des maires de France. A l’approche des présidentielles, dans le contexte de paupérisation des collectivités territoriales, il risque d’y avoir de l’action. Et du débat, puisque le thème les rassemblant cette année est la place du maire, entre intérêt général et simple citoyen.

Quelle belle tâche que d’être maire ! Ils sont les élus préférés des Français, car ce sont les relais républicains qui forment les veines de la France démocratique. Leur action locale s’inscrit dans l’optique de l’intérêt général et loin des manœuvres, le maire est le moteur de l’administration locale. Il tend le maillage de la France en faisant le plus avec le moins pour ses concitoyens.

Le maire est l’élu par excellence : citoyen et représentant de la cité. Ils travaillent ou sont retraités, donc ne vivent pas de leur mandat, et il faut les écouter pour entendre le peuple. C’est en allant sur les routes de France, en rencontrer plus de 200 dans 18 départements, que j’ai pris conscience de leur rôle primordial et de leur dévouement total. Ils sont les premiers croyants dans la France et la République.

Je serai heureux d’y être présent demain mercredi, pour continuer à rencontrer les élus. Je souhaite aussi les convaincre de m’apporter leur parrainage pour l’élection présidentielle. Après en avoir recueilli 203, il en reste 300 à obtenir. Seulement voilà, sur les 47 000 élus qui peuvent potentiellement parrainer, une écrasante majorité d’entre eux s’y refuse. La raison qu’ils invoquent le plus souvent reste la publication de leur parrainage au Journal officiel. Ce malaise de la publication est la preuve, s’il en fallait, du lien de proximité et de confiance liant le maire à ses administrés. Si certains ne comprennent pas qu’ils puissent participer à offrir une pluralité politique à l’élection présidentielle, alors ils préfèrent s’abstenir. Mais cette abstinence de parrainage représente un frein à l’essor démocratique, à la participation aux élections. Les deux principales formations politiques, riches en élus, qui ont peur de voir leur poids affaibli par la présence d’autres candidats, et font bloc pour accentuer cette tendance, prenant pour argument le 21-Avril.

Je suis pour ma part favorable au procédé des 500 parrainages, car il oblige les candidats à aller à la rencontre des élus. Toutefois, les maires que je rencontre me disent que je suis le seul à venir les voir. Les autres s’adressent à eux seulement par courrier, comment comprendre ainsi la France ?

Pour améliorer ce processus, certains proposent que le parrainage ne soit pas publié au JO, ou de remplacer les 500 parrainages par 100 000 signatures de citoyens. Et vous, que proposez-vous ?

                                                                                                 Maxime Verner

Rapport “Pour une politique publique de la jeunesse”

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Vous pouvez télécharger ici mon rapport “pour une politique publique de la jeunesse”, présentant mes 12 mesures pour 2012. Il a été présenté le 24 novembre 2011 à l’Assemblée nationale. Pour le commenter, rendez-vous sur Facebook.

Cliquez ici pour visionner le rapport en ligne

Voici un aperçu des 12 mesures dans leurs grandes lignes :

1. Nommer un ministre auprès du Premier ministre, chargé de la Jeunesse
2. Installer un Comité pour la consultation de la jeunesse
3. Créer une Fondation de la mobilité, organisant le permis gratuit pour les jeunes majeurs
4. Supprimer le redoublement au collège et le remplacer par des classes soutenues par des programmes d’école ouverte
5. Installer un guichet unique de l’orientation
6. Créer les carnets d’autonomie en première année universitaire
7. Améliorer la condition des jeunes étudiants stagiaires en instaurant un baromètre national de rémunération
8. Lancer un programme national d’éducation à la santé, de la maternelle à l’université
9. Renforcer l’ouverture de logements sociaux sous la forme de résidences intergénérationnelles
10. Suivre un service civique d’un mois rétribué, avant ses 25 ans
11. Mettre en place une éducation civique plus concrète et complète
12. Ouvrir des écoles de l’entrepreneuriat social, dans les universités et les grandes écoles

Maxime Verner