À tous les français,
C’est aujourd’hui devant la maison où Charles de Gaulle a vu le jour que je vous lance un appel à la liberté, l’égalité et la fraternité. De ce grand homme, j’ai appris qu’il ne fallait jamais composer avec l’honneur. Il avait ce je-ne-sais-quoi qui vous transcende, qui vous fait appréhender l’Histoire sans peur mais avec enthousiasme, avec énergie. Il rassemblait au lieu de juxtaposer, il dégageait cette chaleur rayonnante qui triompha de l’ennemi.
Comme lui, des Français dévorés de générosité, voulant se battre pour nos valeurs, ont permis à la France de rester le pays de la liberté. Depuis, celles et ceux que la France a secourus, accueillis pour qu’ils puissent se refaire une dignité humaine, savent ce qu’ils doivent à ces hommes et à ces femmes d’honneur.
On entend ces jours des débats sur la nationalité, sur le droit de vote. La seule réponse qui vaille, c’est celle des morts pour la France. Ils n’avaient pas de couleur, de nationalité. Demandez à Manouchian ! La France repose sur la conviction qu’être français est un privilège qui se mérite. Mais c’est aussi et avant tout un choix. Etre français, c’est avoir été infusé de ces valeurs, la volonté d’aider les autres à mériter qu’on les aide. Je suis français car, grâce à ma collection de grand-mères, j’ai reçu cette instruction du cœur, qui bouscule tout.
Les mauvaises consciences ont, depuis plus de quarante ans, créé une maladie socialement transmissible : la dépression. Alors que la plupart des citoyens révise leurs ambitions, compose avec la vie, certains passent la leur en compagnie de leurs rêves d’enfants, de ces sensations indélébiles qui sont l’encre de l’esprit collectif.
Ce qui nous manque, c’est cette intelligence de la vie et du coeur qui nous donne l’envie de nous évader, de gagner du temps à la découverte du monde, que ce soit son village, son quartier, son pays. Tout petit déjà, je buvais l’air du temps, je développais mon intuition pour être en résonance avec ma sensibilité, pour trouver ma patrie.
De mon éducation, qui ne fut pas le fruit d’un acharnement pédagogique mais d’un apprentissage de la liberté, la même m’a donné cette confiance inébranlable, je garde le goût de la chance. Je suis un accident, car tant d’enfances sont aujourd’hui des amputations, qui vous empêchent de pousser librement, face à un regard loyal, avec un sourire à la vie. Prendre son mal en patience, ne pas envisager sans cesse l’échec, empoigner l’avenir, voilà ce qu’est la jeunesse.
Bien sûr, je m’insurge et je défends. Ce que je veux, c’est délivrer, ouvrir la cage, faire tomber les murs de la prison où tant de mes concitoyens se sentent enfermés, avec sur les épaules le poids de nos traditions, de nos soumissions volontaires. De ma reconnaissance éblouie pour le Général de Gaulle, pour la France, je veux faire un message qui vous rendra, par la transformation dans l’action, le sentiment du devoir accompli.
L’injustice me tue. Et celle envers ces jeunes que hante le désir d’une mission et auxquels on refuse les moyens de faire décoller leur rêve m’est insupportable. Réduisons la distance entre leurs désirs et leurs réalisations, réduisons le doute en eux pour qu’ils deviennent ce cocktail explosif de chance, de talent, de dynamisme et d’audace qui embrasera la France de demain.
Nos jeunes ne rechigneront alors devant aucune tâche, aucune corvée, pourvu qu’elles soient justifiées. On déborde de jeunesse, de fureur de vivre, pourquoi ne pas nous aider à réduire le chemin de l’imaginaire à l’intelligence ? Je ne demande pas Byzance, je demande une nouvelle France. Je souhaite que l’on s’embarque ensemble dans une grande aventure collective où chacun prendrait un risque, où se noueraient d’étroites relations de dévouement, de solidarité, d’innovation.
Pour cela, il faut commencer par s’attaquer à ce mur de scepticisme, cette digue de préjugés, cet Himalaya d’incompréhension. Retrouvons notre part d’enfance pour nous émerveiller. Nous ne serons payés de notre attente que si nous ne sommes pas impatients, nous devons nous tourner vers un dynamisme qui nous pousse sans cesse en avant. Si nous partageons la volonté d’aboutir, nous serons irrésistiblement poussés vers une nouvelle ère.
Retrouvons notre sens de l’avenir. N’ayons pas peur d’anticiper des grands mouvements d’idées qui feront avancer la société. Nous ne sommes pas à bout de ressources et c’est justement dans cette période de désordre et d’angoisse collective que nous devons trouver ce trait de fulgurance.
Accomplissons ensemble une révolution sociale décisive, élevons en niveau, en deux mots, renaissons ensemble, jeunes de tous les âges !
Si nous le décidons, nous trouverons la moisson d’idées qui nous attend pour prendre vie. Il faut faire le maximum de lumière car nous avons tous besoin de savoir, de comprendre. J’en veux à ceux qui, comme Marine Le Pen, vous plongent dans une pénombre déformante, dans une nuit qui rend fou, dans une caverne d’où l’on ne ressort pas intact. Pour ma part, je m’adresserai toujours à vous avec humilité et avec le souci de vous rendre transparent le monde dans lequel on vit.
Nous ne pouvons bien sûr pas ignorer les secousses de plus en plus violentes qui ébranlent le monde, mais l’extrême-droite n’est pas une réponse. Mes amis, le 6 février 1934, une extrême-droite ultra-nationaliste était déjà là. Nous nous souvenons du résultat. Le visage a changé, mais c’est le même. Ce qu’elle prône au fond, c’est le retour au Moyen-Âge, c’est un programme néolithique. Au contraire, nous devons chercher le Risorgimento à la française, la Renaissance. Je proposerai à cet effet mon programme économique, social et fiscal qui ne manquera pas de surprendre, le 12 janvier prochain, afin de vous amener à franchir le Rubicon avec moi.
Le moment est venu. La France ne s’est d’ailleurs transformée que dans des périodes de secousses sociales, et si c’est le Front populaire qui s’installait en 36, je ne peux pas croire que ce soit le Front national qui prenne le pouvoir aujourd’hui. L’espoir luit au bout du chemin, c’est la marche de l’Histoire de France, et nous sommes de ceux qui savent. On ne peut pas ne pas comprendre ce qui est en train de se préparer. Nous avons capté tous les frémissements, compris que les années d’insouciance heureuse sont finies. Mais, allons-nous, avec une lucidité amère, regarder la France glisser vers l’abîme, vers l’immense chagrin ? Réveillons-nous !
Je suis convaincu que l’indispensable complémentarité entre ses générations est le point de départ d’une renaissance économique, sociale, morale pour notre pays. Aujourd’hui, il suffit de courage politique. C’est justement ce qui manque dans ces périodes, celles où le parterre applaudit Daladier en septembre 38, descendant de l’avion le ramenant de Munich, après avoir signé les accords symboles de la lâcheté d’une politique d’apaisement face à Hitler.
Souvent, ils ont réussi à mettre hors d’état de raisonner une France chloroformée, minée par ce travail de sape, de pourrissement de la nation, plus qu’efficace. Vichy voulait instaurer un ordre moral, était-ce celui du renoncement, de la lâcheté ? Tandis que quand le Général faisait l’appel des braves, les Français se contentaient, dans leur immense majorité, de subir, nous pouvions croiser ce peuple de somnambules qui vivait, ou survivait, comme il pouvait. C’est à l’aune du malheur qu’on mesure la fidélité, soyons aujourd’hui fidèle, à l’héritage de ces héros de la France et de la liberté.
Je crois que les lieux, la terre, ont une mémoire. Et ici, je ressens ces ombres désespérées qui hantent la France. Ils ont verrouillé le destin en marche, et nous ne pouvons qu’être pétrifiés d’admiration face au don de soi, à la générosité envers l’avenir, de ces êtres. Grâce à eux, nous sommes libres. Mais libres de quoi?
Nous sommes, pour une partie d’entre nous, revenus à la peur primitive, celle des animaux traqués. Nous devons retrouver la possibilité d’affronter une peur choisie par nous, une peur qu’on peut regarder en face, la peur du peuple courageux. C’est l’océan de courage, de ténacité, de talent des hommes qui décide du sort d’une nation. Peut-être aussi la valeur de l’idéal pour lequel ils acceptent de se battre, parfois au prix de leurs vies. Aujourd’hui, nous devons nous battre encore pour que la France reste une terre de liberté, d’égalité et de fraternité.
Pour cela, nous devons viser la prospérité partagée. Nous la trouverons si nous sommes à nouveau un peuple de France tout entier mû par un sentiment inouï de délivrance, car il a trouvé une force innombrable, imprévisible et puissante. Nous devons ouvrir des yeux étonnés sur cette France qu’on contribuera à sortir de son asservissement et qui n’est ni tout à fait la même ni tout à fait une autre.
Autrefois, la guerre, l’Occupation, la collaboration, se sont vautrées sur elle comme un grand fleuve, déracinant ce que l’on croyait immuable, laissant derrière elles un bric-à-brac inextricable d’épaves emmêlées, le meilleur et le pire, l’héroïsme et la honte, l’espoir et la résignation, les carcasses éventrées de l’honneur et la naissance d’un bonheur nouveau, et puis tout le reste, le sang, les larmes, les ruines, le courage modeste, la lâcheté triomphante, la trahison cachée. Que nous reste-t-il de cette époque ? Rien. Tout. L’essentiel.
La France vivait sous le signe de la pénurie, elle avait les joues creuses et le teint pâle. Si l’on a été capable de partir d’aussi loin, on aura la force de refaire le même chemin, j’en suis sûr. Nous devons pousser l’audace jusqu’à la croissance, nous tourner vers des forces encore invisibles.
Celles et ceux qui sont les plus capricieux et insaisissables, nous devons eux aussi les intéresser aux grandes causes et aux grandes idées. Chaque citoyen doit être impliqué dans cette oeuvre de renaissance, sinon nous connaitrons encore des réveils amers. Nous ne pourrons bientôt plus nous contenter d’être une citadelle assiégée, de recevoir des boulets ramés, sans jamais faire autre chose que de regarder le ciel. Regardons ces oiseaux migrateurs au lieu de les fusiller, et voyons pourquoi certains veulent nous rejoindre. La France a froid, la France a faim, mais elle fait rêver.
Je connais les forces profondes de notre pays, car il a fait rêver mes ancêtres. Je comprends qu’en dépit de tout la France est sur le chemin du redressement. C’est élastique la France ! Tout au long de son histoire, cette nation en a vu de toutes les couleurs, mais chaque fois elle a su retrouver les ressources nécessaires pour se remettre debout, repartir. Débordons de vie, elle nous le rendra bien. Soyons optimistes, répondons à nos besoins profonds. La réalité doit reprendre le pas sur l’image, nous devons nous réconcilier avec l’instinct qui donne des idées, avec le talent que l’on enrichit de convictions, avec notre capacité d’innover, d’être curieux. Nous devons retrouver le sens de la jeunesse, cette poignée d’avenir que l’on jette devant soi.
Je suis utopique me direz-vous. Et alors ! La même illusion renaît sans cesse, en dépit de tout, brutalement interrompue par les guerres. Elle veut guérir, transcender. Mais j’y crois encore ! Je crois en cette démocratie du sens qui procure des plaisirs souterrains à tous ses membres. J’ai la foi du néophyte, du jeune de la rue, j’en conviens, mais tous nos responsables politiques ont-ils encore le goût de l’essentiel ? Celui du bonheur des gens, d’enrayer le fléau de tous les jours que l’on se transmet, la dépression, et de rétablir l’envie d’être ensemble, l’élément fondateur d’une nation.
A la différence de tant d’autres, je vous crois capables de supporter le choc de la vérité et de la comprendre. Vous observez un renversement de l’Histoire dans le monde. La prise de pouvoir des peuples, des nations, et de leurs Etats contre un ordre qui leur échappe, qui n’émane pas d’eux, qui ne vise pas l’intérêt général mais des intérêts particuliers, est en route.
Osons la vérité et ne lâchons pas nos idées. Je sais trop bien que, dans le désarroi, on se tourne d’instinct vers une Marine Le Pen. Mais, elle n’est pas le détonateur, elle n’allume pas la mèche de la Renaissance. Ensemble, nous allons chercher dans la profondeur de notre inconscient collectif une nouvelle fierté d’être français, en comprenant que notre amour de la France est ambivalent.
Il est présent et non-absent, déclaré et non-dit. Il caresse et il coupe, comme une lame de rasoir. Il ne demande qu’à être reconstruit dans une symbiose nouvelle, sur un fond de modernité, de jeunesse et de croissance. La France gardera son ardeur et sa modestie, son respect et son éthique, elle s’appropriera les problèmes du Monde, les fera siens pour les transformer, par la rencontre inespérée de l’audace, de la créativité et de l’expertise.
C’est car toute grande destinée est le fruit d’un déséquilibre moteur, qui lui sert de principe actif, que le Français est ambitieux et sûr de lui, qu’il a un immense besoin de reconnaissance qu’il porte en lui et qui le porte. Comme dirait Marcel Bleustein-Blanchet, entrepreneur et résistant, nous avons la rage de convaincre.
De notre bon sens, de nos raisonnements originaux, de notre conscience sincère de citoyen, de l’amour que nous portons en commun à celle qui nous lie tous, qui est notre chance commune, la France, nous montrerons au monde entier que rien n’est impossible à qui veut. Et je veux convaincre tous ceux qui trébuchent sur l’avenir qu’on peut, qu’on doit rester jeune dans l’esprit.
Nous devons nous évader de l’intérieur, retrouver notre vocation, notre aventure, notre talent trop souvent bridé, pour créer ensemble un nouveau discours sur la France. Nous forcerons les portes du temple, et ce n’est pas avec Marine Le Pen, à la pensée déplorable, opaque et vétuste, que nous trouverons les axes de réflexion gagnants.
Je conserve en mémoire l’effroi qui nous a tous saisis, la peur qui nous a étreints, le 21 avril. Je sais que les sociétés sont souvent basées sur du vide, que les mots sont des armes mais qu’ils appellent l’action. Rétablissons la confiance en nous et entre nous, mettons sur pied ces fondations et prouvons par notre force d’âme que nous sortirons de cette tourmente. Cette crise n’est qu’un coup de semonce, qui nous permettra de retrouver le sentiment d’accomplissement nécessaire à tout grand dessein pour une nation. Les épreuves nous sont envoyées pour qu’on les surmonte, retroussons nos manches !
Plantons ensemble dans le terreau de notre pays des idées neuves et fortes, dans la joie, la force et l’insolence de la création, de l’engagement. Retrouvons la sagesse paysanne de la France, cherchons les atomes crochus, formons des communautés d’idées, au lieu de mettre en exergue les différences et de stigmatiser les uns et les autres. Ne demandons pas à nos responsables politiques d’être des spadassins du verbe mais bien des créateurs de concepts, des pédagogues et des modèles, des résistants.
Je sais la France capable de se relever, je veux aujourd’hui m’assurer qu’elle en est digne. Elle doit nous le prouver, à nous, jeunes de France. J’en appelle alors à la Renaissance, à un Risorgimento français, qui sera le chemin vers notre volonté et de notre passion.
Pour que vive la République, et vive la France !
Marine Le Pen représente un espoir pour la France et les français, la même espérance que celle portée en son temps par le Général De Gaulle: l’indépendance et la souveraineté de notre pays, l’amour de la France, le respect des valeurs républicaines, la laïcité, nos racines judéo-chrétiennes
Vraiment j’ai du mal à comprendre pourquoi vous diabolisez Marine Le Pen…Elle a exactement le même programme que Nicolas Dupont Aignan, gaulliste authentique également !!!